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7 fois champion chez les jeunes, 3e aux Championnats d’Europe 2017

« J’aime toutes les formes de combat »

A 22 ans, il est déjà l’une des figures de proue du judo géorgien. Champion du monde cadet, double champion du monde junior, quadruple champion d’Europe chez les jeunes, Beka Gviniashvili (-90 kg) compte aussi douze podiums, dont sept succès, sur l’IJF World Tour. Il est même le plus jeune vainqueur d’un Masters, celui de Rabat en 2015, à seulement 19 ans ! En 2017, il a remporté la médaille de bronze aux Championnats d’Europe Senior.

 

« Je ne peux pas dire que je suis un fan de sport tel que le basket. Moi, ce que j’adore, ce sont les arts martiaux. J’aime toutes les formes de combat, la lutte libre, la boxe… J’aime le vrai combat. Mon idole absolue, c’est Mike Tyson. J’aime aussi les sports extrêmes. C’est l’une des caractéristiques d’un combattant. Chacun aime repousser ses limites ».

Beka Gviniashvili est l’archétype même du guerrier. Le fight, c’est son truc. D’ailleurs, le jeune Géorgien est aussi un champion de Chidaboa, la lutte ancestrale géorgienne, celle des « hommes forts ». Au pays, c’est une aussi grande fierté que de briller en judo à l’international. Lui cumule les deux !

Né le 25 octobre 1995 à Gori, au cœur de la Géorgie, Beka Gviniashvili est le petit dernier du « Big Three », ces trois mômes qui ont commencé le judo ensemble dans un petit club de province au milieu des années 2000. L’aîné, Lasha Shavdatuashvili, 25 ans, a été champion olympique en 2012 (-66 kg), le deuxième, Vazha Margvelashvili, 24 ans, a fini 3e des Championnats du monde 2017 (-66 kg).

« Je m’entraîne avec eux depuis mes dix ans », raconte Beka. « Nous étions des enfants comme les autres. On a commencé le judo quasi en même temps. Je ne me souviens pas vraiment si l’un d’entre nous battait régulièrement les deux autres. C’était plutôt : un coup à moi, un coup à toi. On se challengeait mutuellement, ce qui nous a fait passer des heures et des heures au Dojo. Je me souviens bien que tous les trois, nous battions tout le monde ».

Beka Gviniashvili a conservé cette fâcheuse habitude pour ses adversaires hors du tatami de Gori. Fin 2017, il affiche un impressionnant taux de victoires de plus de 80% depuis qu’il est apparu sur le circuit en 2011. Ses trois premières sorties internationales, à 15 ans, se soldent d’ailleurs par trois succès aux Championnats d’Europe cadets, aux Jeux Européens de la Jeunesse (EYOF) et aux Championnats du monde cadets (-81 kg) !

Il impressionne tellement le staff de l’équipe nationale géorgienne que celui-ci décide de l’envoyer aux Mondiaux des -20 ans, qui se déroulent dix jours après son 16e anniversaire. Le jeune Beka parvient magnifiquement à tirer son épingle du jeu et repart de Cape Town avec une médaille de bronze autour du cou ! L’année suivante, il devient vice-champion d’Europe des -20 ans avant de changer de catégorie pour passer chez les -90 kg. Bien lui en prend !

Beka Gviniashvili remporte trois années d’affilée les championnats d’Europe Juniors (2013 à 2015) et devient double champion du monde Junior (2013 et 2015) ! Son unique revers dans un championnat majeur est l’œuvre du Hongrois Toth en ½ finale des Mondiaux 2014.

En 2015, il réalise l’incroyable exploit de remporter les Masters de Rabat à seulement 19 ans, ce qui en fait le plus jeune vainqueur de l’épreuve. Ce jour-là, il bat notamment son idole, Ilias Iliadis. « Avec son cousin Zurab Zviadauri, c’est mon modèle », sourit Beka. « J’aime la façon dont ils combattaient. Mais, malheureusement, aujourd’hui, ils ne nous laissent plus combattre comme ils le faisaient. J’adore le style d’Ilias ! J’apprécie la manière dont il se dévoue au Judo ».

Malheureusement, pour ses premiers Jeux Olympiques, Beka Gviniashvili ne va connaître le même succès que son illustre aîné. Auréolé de ses victoires au Grand Slam de Bakou et au Grand Prix de Samsun, il nourrit de sérieux espoirs de médailles à Rio, où il s’est qualifié en -100 kg. Mais il tombe en ¼ de finale contre le Français Cyrille Maret puis s’incline face au Japonais Haga pour la médaille de bronze.

Il rebondit dans la foulée en s’adjugeant le titre européen des -23 ans, son quatrième puis remporte la Golden League de Grozny et le Grand-Prix de Düsselfdorf début 2017. Aux Championnats d’Europe à Varsovie, Beka Gviniashvili remporte une belle médaille de bronze en individuel, seulement dominé en ¼ de finale par le champion du monde russe, Khasan Khalmurzaev, avant d’être sacré au tournoi par équipe avec la Géorgie.

« Mon spécial pour gagner ? Toutes les techniques qui viennent du Chidaboa, toutes les saisies du haut du corps, Seoi nage, O Goshi… », rigole-t-il. Mais, à Budapest, aux Mondiaux 2017, le jeune Géorgien a moins ri. Son judo viril patiné de lutte traditionnelle lui a valu une disqualification en 8e de finale contre le futur finaliste, le Slovène Mihail Zgank. « Je fais tout pour devenir champion du monde mais s’ils ne me laissent pas combattre, comment voulez-vous que j’y parvienne ? », pestait notre champion le jour de son élimination. « J’ai fait de mon mieux. J’ai tout donné pour gagner. Mais ne croyez pas que cela va m’affecter. C’est une leçon. Je vais continuer à m’entraîner dur et faire en sorte qu’une telle situation ne se reproduise pas ». Foi de guerrier ! Depuis, le membre de la team adidas est monté sur son 12e podium (pour 7 victoires) de l’IJF World Tour, une deuxième place au Grand Slam d’Abu Dhabi. Et il vient juste d’avoir 22 ans…

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