JUDO – Philippe Sudre : « On espère continuer à être leader du Judo féminin »

Judo : Le RSC Champigny, pionnier du Judo féminin et tenant du titre

emilie andeol - Philippe Sudre « On espère continuer à être leader du Judo féminin »

Séverine Van Den Hende, Barbara Harel, Eva Bisseni, Emilie Andéol, Amandine Buchard, Clarisse Agbegnenou… Leur point commun ? Le RSC Champigny, qui va défendre son titre de champion de France par équipe les 9-10 juin à Bourges.

Le RSCC, c’est un monument de l’histoire de France. Pionnier dans le développement du Judo féminin, il le fut aussi dans la pratique pour les personnes handicapées. Son président, Philippe Sudre, 5e Dan, cinq décennies au service du club, nous raconte le Red Star campinois.

 

Par Ludovic Mauchien

 

Parler du RSC Champigny, c’est aborder la grande histoire du Judo français, ou, plutôt, l’une de ces « petites » histoires qui ont fortement contribué à écrire la grande. Créé en 1952 par l’un des « Illustres » du Judo français, Monsieur Roger Ginet, ceinture noire n°377, aujourd’hui disparu, le club n’a cessé d’être l’un des cœurs battants du Judo hexagonal.

Dès les années 70, le RSCC ouvre une section exclusivement dédiée aux femmes, une première en France. Le club s’est aussi illustré en développant la pratique auprès des personnes handicapées, également une première. Avec plus de 600 licenciés et une soixantaine de ceintures noires en activité, Champigny est toujours l’une des forces vices du Judo français 76 ans après sa création. Côté compétition, il perpétue la tradition : briller au firmament du Judo féminin.

Depuis Séverine Van Den Hende, championne du monde (1997) et médaillée d’or olympique (2000), arrivée au club en 1996, les générations de championnes se succèdent. Le succès des « RSCC girls » ne s’est jamais démentie. Plusieurs podiums européens, dont le titre en 2012, plus d’une dizaine de podiums nationaux, dont des titres en 2013 et 2017…

La première génération historique, c’était Marie Pasquet, Delphine Delsalle, Irène Chevreuil, Emilie Lebrun… Il y a eu Emilie Andéol pendant dix ans. Aujourd’hui, le team campinois, entraîné par Barbara Harel, parfois secondée par Audrey Bonhomme – La Rizza, c’est Clarisse Agbegnenou, Amandine Buchard, Eva Bisseni, Lola Bennaroche, Clémence Emé, Séphora Corché, Sarah Seymour, Hawa Camara, Alexia Caillon, Lydia Boudouaia… Que du talent à revendre au RSCC !

L’âme du club, le gardien du temple, c’est Philippe Sudre, fidèle héritier de Roger Ginet, son professeur dès ses débuts en 1969 et son beau-père. Il fut compétiteur, entraîneur, directeur technique, il est désormais le président du RSCC et il met un point d’honneur à conserver les valeurs sur lesquelles le club s’est construit.

 

Quelles sont les ambitions du club aujourd’hui ?

Elles sont multiples. Un, que le Judo à Champigny soit accessible à tous. Cela veut dire une politique d’accueil et une politique tarifaire qui fait que l’on n’exclue personne. C’est notre rôle social, où l’on fait en sorte que, dans les quartiers, on puisse accueillir les jeunes. En tout, on a trois Dojos, dont deux situés en quartier prioritaire. Le Dojo « mère » a été ouvert en 1962.

Notre ambition est de maintenir le cap et de ne pas réserver la pratique du Judo à une élite en poursuivant la formation des jeunes, les amener là où on peut les amener. On les gardera ou non mais on a une volonté de former des Judokas pour prendre la suite de ceux qui arrêteront pour raison d’âge et de motivation. Quant aux ambitions sportives, elles sont clairement affichées : poursuivre avec le groupe féminin.

 

Existe-t-il une raison particulière pour que Champigny mette en exergue le Judo féminin ?

Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des nécessités qui se rencontrent. J’ai été entraîneur au club pendant plus de 30 ans, où j’ai formé des jeunes filles devenues athlètes de haut niveau, notamment Virginie Marie.

Puis, au lendemain des Jeux d’Atlanta en 1996, on s’est aperçu qu’il y avait une quarantaine de nations qui n’avaient pas de délégation féminine. Le maire de l’époque était prêt à faire de Champigny un vecteur de la pratique féminine et particulièrement celle de haut niveau. Enfin, un ancien entraîneur national m’a sollicité pour monter un groupe haut niveau à Champigny. La conjonction de ces trois facteurs a fait qu’on a lancé le groupe haut niveau au lendemain des JO d’Atlanta.

 

« On va bien au-delà du business avec Adidas / Double D »

 

Quelles sont les objectifs à terme ?

Sur le plan national, on espère continuer à être leader du Judo féminin. Et si on peut être champion encore cette année, ce sera tant mieux. Sinon, c’est bien entendu les Jeux olympiques de Tokyo, avec peut-être deux ou trois de nos athlètes sélectionnées. Le plus important, ce sont nos athlètes sélectionnées pour les « Monde » ou les JO car Champigny est ainsi présent et a le devoir de poursuivre son aventure olympique. Au-delà du Judo, Champigny, c’était trois finales olympiques à Rio, deux médailles d’or, une médaille d’argent dans trois disciplines de combat différentes, Estelle Mossely en Boxe, Haby Niaré en Taekwondo et Emilie Andéol en Judo. Ce qui fait de Champigny la 37e ville du monde et la 1ère en France au classement olympique ! C’est énorme !

 

Pourquoi avoir choisi de signer un partenariat avec Adidas ?

Nous sommes avec Adidas depuis la nuit des temps. L’image d’Adidas n’est pas à refaire ! Elle est connue et reconnue. Adidas nous apporte un équipement -les judogis pour nos athlètes-, une référence d’entreprise solide, sérieuse, avec une image qui correspond à ce que l’on souhaite d’un partenariat, qui n’est pas qu’un partenariat mercantile, mais qui est basé sur des valeurs et des échanges. On va bien au-delà du business. Je tiens à parler avec mes partenaires, à échanger avec eux. On est chez Adidas parce que Double D, ce sont aussi des Judokas. C’est facile de travailler avec eux et d’avoir autre chose qu’une simple relation de chaland à commercial. Nous achetons des dizaines, voire des centaines de kimonos pour les mômes du club, tout le monde est équipé en Adidas, depuis les 4 ans jusqu’aux plus anciens. C’est toujours mieux d’avoir une certaine unité d’équipe, de cohésion quand on se déplace en compétition.