Judo – Toma Nikiforov : « Cette médaille d’or représente beaucoup de choses »

Judo : Il remporte son premier titre de champion d’Europe à Tel Aviv

Judo - Toma Nikiforov : « Cette médaille d’or représente beaucoup de choses »

L’émotion l’a submergé. Il a pleuré à chaudes larmes sur le podium pour le premier grand titre de sa carrière. A 25 ans, Toma Nikiforov est devenu champion d’Europe (-100 kg) samedi à Tel Aviv, en dominant le Français Cyrille Maret en finale sur un étranglement qui lui avait valu de perdre la médaille d’or à Abu Dhabi.

 

Par Ludovic Mauchien à Tel Aviv

 

C’est fait ! 3e en 2015, 2e en 2016, Toma Nikiforov a enfin obtenu ce titre après lequel il courrait depuis de nombreuses années. Tombeur de l’Italien Loporchio (Ippon), du Lituanien Bauza (seoi à genoux au Golden Score), du Russe Bilalov (Ippon) puis du Biélorusse Mukete (Golden Score) en ½ finale, le Belge retrouvait Cyrille Maret en finale. D’abord mené par le Français, auteur d’un Harai Makikomi, il a su renverser la vapeur en utilisant sa nouvelle arme fatale qui lui avait valu de perdre sa médaille d’or à Abu Dhabi en octobre dernier, un étranglement qu’il travaille depuis peu.

 

Que ressent-on quand on est champion d’Europe ?

Cela fait bizarre. Je suis très content ! J’ai fait une journée quasi parfaite. En finale, j’étais mené. Cyril a engagé le combat très fort sur les mains dès le début. Mais un combat de Judo, c’est jusqu’à la dernière seconde. Et je suis aussi content de créer la surprise avec cet étranglement, car on m’a retiré une médaille d’or en Grand Chelem à Abu Dhabi à cause de ce mouvement et je le place en finale des « Europe ». C’est tout bon !

Cette médaille d’or représente beaucoup de choses : douleur, entraînement, sueur. Au final, pour la bonne cause. Je ne réalise toujours pas. C’est quelque chose d’assez exceptionnel. Je suis vraiment, vraiment très, très heureux.

 

As-tu douté en finale quand tu es mené ?

Je ne doute pas quand il marque Waza. Il reste beaucoup de temps. Un combat de Judo, c’est jusqu’à la dernière seconde. C’est un étranglement que je travaille depuis peu. Je gagne le Grand Chelem. On me retire la médaille d’or parce que c’était soi-disant dangereux, interdit. Depuis, ils ont un peu revu le règlement. Je l’ai fait différemment et je le place en finale des « Europe »… Exceptionnel !

 

Avec Cyrille, vous commencez à bien vous connaître…

Bien sûr, c’est la 6e fois que l’on se prend. Il m’a battu, je l’ai battu. On a une petite histoire avec ces championnats du monde en 2015. Mais on est des fighters sur le tapis et l’on se respecte énormément en dehors. C’est vraiment un bon gars. Je lui souhaite tout le bonheur pour la suite.

Avec Cyrille, avant de monter sur le tapis, on s’est checké dans la salle d’échauffement. Le Judo, c’est ça. On peut se prendre 20 fois de suite, cela va être 20 combats différents. Aujourd’hui, c’est Ippon pour moi. La prochaine, ce sera peut-être pour lui. Il a mené. Il avait le titre au bout des doigts et, au final, c’est moi qui gagne. Je suis content.

 

Avais-tu préparé quelque chose de particulier au cas où tu devais l’affronter ?

Je n’avais rien préparé de particulier. On se connaît tellement et il y a plein de facteurs qui entrent en considération : l’état de forme, l’arbitrage, l’effet de surprise… Il a un Judo fort sur les mains. Moi, je devais aller le bousculer parce que si je rentre dans son jeu, il me bouffe. C’est ce qu’il s’est passé en début de combat. Après, je me ressaisis. C’est la beauté du sport.

 

Ta préparation a-t-elle été identique à d’habitude ?

Ma préparation était la même, juste un peu perturbée parce que j’avais de petites blessures au niveau des genoux. Mais c’est normal dans le haut niveau. On est tout le temps blessé. On n’est jamais au top. Il faut savoir faire avec. On a un staff médical terrible et c’est aussi grâce à eux que je suis là aujourd’hui.

 

Et il y avait ta famille à Tel Aviv aussi…

Ma maman et mon papa ont fait le déplacement. Cela faisait longtemps qu’ils voulaient visiter Israël. Ils ont bien visité le pays et, en plus, leur fils est champion d’Europe. Je suis vraiment content. Mes parents me donnent une force supplémentaire que je ne saurais décrire. Il y a des moments où, s’ils ne sont pas là, je pense que je ne gagne pas. On est vraiment très proche. On est soudés. Avant le bloc final, j’ai été les toucher un peu parce que j’avais besoin de force. Je suis content d’avoir fait ce titre devant eux.