Judo – Toma Nikiforov : « En général, ça chauffe direct dès le 1er tour… »

Judo : Championnats d’Europe à Tel Aviv (26-29 avril)

Judo - Toma Nikiforov : « En général, ça chauffe direct dès le 1er tour… »

2e à Abu Dhabi et 3e à Tokyo fin 2017, demi-finaliste à Düsseldorf en février, finaliste à Ekaterinbourg mi-mars, le Belge Toma Nikiforov a engrangé de la confiance avant ces Championnats d’Europe à Tel Aviv (26-29 avril). Le vice-champion du monde Toutes cat’ (3e en 2015 en -100 kg) entend bien faire oublier sa bévue de l’an passé où il est tombé au 1er tour. Médaillé de bronze en 2015, médaillé d’argent en 2016, jamais deux sans trois en 2018 ?

 

Par Ludovic Mauchien

 

 

 

Comment te sens-tu à l’approche de ces Championnats d’Europe, physiquement et mentalement ?

Je me sens en confiance. On est plus ou moins sur une bonne note aux derniers tournois à Düsseldorf (5e, il perd contre Liparteliani en ½ finale puis face à Fonseca pour le bronze) et Ekaterinbourg (finaliste contre Ilyasov), même si je ne gagne pas. Mais j’ai su bien combiner la patience et la fougue. Mentalement, je suis au point.

Physiquement, je me sentais fatigué une dizaine de jours avant le tournoi, mais c’est normal parce que la préparation a été longue. Il me reste quelques jours pour recharger les batteries à 100% et être au top le jour J.

 

Comment abordes-tu ces Championnats d’Europe, comme un objectif principal ou une étape vers les Mondiaux ?

On n’aborde pas des Championnats d’Europe comme un Grand Chelem ou un Grand-Prix. Il y en a plusieurs par an. Les Championnats d’Europe restent un gros objectif, surtout que le continent européen domine le monde en -100 kg. C’est super dense, il y a énormément de concurrence.

Parfois, un Championnat d’Europe est même plus compliqué qu’un Championnat du monde où c’est encore possible, même si cela devient de plus en plus rare, d’avoir des premiers tours assez accessibles. En général, aux Championnats d’Europe, ça chauffe direct dès le 1er tour.

 

« Tout le monde est à craindre et moi en premier »

 

Quel a été ton programme de préparation ? Ta priorité a-t-elle été la condition physique ou le Judo ?

En général, pour une grosse préparation comme pour les Championnats d’Europe ou du Monde, cela ne se fait pas en une semaine. Elle se prépare des mois à l’avance. Il y a énormément de quantité au début. C’est pour cela que l’on fait beaucoup de stages car, en Belgique, on n’a pas beaucoup de partenaires. On a participé au stage du Grand Chelem de Russie, en Hongrie. On utilise aussi les compétitions telles que les Grand Chelems et les Grand-Prix comme entraînement.

Ensuite, on peaufine tout en Belgique où on mise plus sur la vitesse, l’explosivité. Les entraînements sont ciblés sur chaque athlète. J’ai un entraînement basé sur ma propre technique. Ce ne sont pas des entraînements généraux. On combine tout ça avec la prépa physique mais il y a toujours plus de Judo que de prépa physique.

 

Qu’attends-tu de ces Championnats d’Europe ?

J’en attends une petite revanche par rapport à l’an passé où c’était la première fois, depuis que je suis Senior, que je perds au 1er tour. Bon, je ne perds pas contre n’importe qui puisque c’était face à Varlam Liparteliani, mais cela reste un 1er tour.

Je ferai absolument tout pour bien gérer cette compèt. Tout se fait sur une journée et les journées sont longues. Si tu veux être sur le podium, il faut être fort de l’échauffement jusqu’au dernier combat. Mais il ne faut pas brûler les étapes. Il y a d’abord le poids à gérer. C’est : un, le poids et ensuite, c’est combat par combat.

 

Avant les Mondiaux de Budapest, tu m’avais dit que tu étais ton principal adversaire. Est-ce toujours le cas ?

Mon principal adversaire restera toujours moi-même. Mais, comme je le disais, il y a énormément de concurrence dans la caté, pas vraiment de quelqu’un en particulier. Les Russes, les Géorgiens, les Français et les Azerbaïdjanais restent des combattants forts. Tout le monde est à craindre et moi en premier.

 

« Les toutes cat’, c’est un bon souvenir, la médaille est dans le bac »

 

Tu as été vice-champion du monde toutes cat’ en novembre. Qu’en retiens-tu ? Cela t’a-t-il donné de la confiance ?

J’ai emmagasiné de l’expérience, des combats, de la maturité au niveau tactique. Maintenant, c’est le passé. J’ai mon « statut » de vice-champion du monde toutes catégories. C’est un bon souvenir, la médaille est dans le bac. Mais je n’y pense quasi plus. Ce sont des petits points, du crédit en plus pour moi quand je monte sur le tapis par rapport aux autres, mais je ne l’utilise pas comme ça. Je me focalise vraiment sur l’instant présent.

 

As-tu appris de ta défaite en finale à Ekaterinbourg ?

Le fait d’avoir fait une erreur quasi d’entrée et donner un Waza ari à mon adversaire, ça fausse le combat. Après, il verrouille et toi, tu cours après le score. Mais il reste un adversaire parmi tant d’autres, ce n’est pas parce que c’était en finale d’un Grand Chelem. L’année passée, c’est arrivé au 1er tour. C’est le Judo. Ce n’est pas vraiment une finale perdue qui m’a marquée.

 

Comment expliques-tu ton tournoi de Paris (défaite à son 1er combat face à Otgonbaatar) ? Un jour sans ?

Paris… Trois participations, trois fois la merde. Je ne sais pas… Un jour sans, c’est possible… Des adversaires qui ne conviennent pas… La première fois, c’était une boulette (contre Mammadov). Cette année, je perds contre le Mongol. C’est un Judo qui ne me convenait pas. Je l’ai repris à Ekaterinbourg et je l’ai battu assez facilement. C’est la magie du Judo. Pour l’instant, le Tournoi de Paris, cela ne marche pas pour moi. Mais ça va changer…