Judo – Championnats de France 1ère division 2017 : Que de premières !

Judo : Championnats de France / Jour 1

Judo - Championnats de France de Judo 1ère division 2017 : que de premières

C’est au Vélodrome national de St-Quentin que la FF Judo a choisi d’organiser les championnats de France 2017. Entre favoris blessés ou laissé au repos, il y avait la place pour se faire un nom et l’inscrire au palmarès. Florimont (-60 kg), La Rocca (-73 kg), Joubert (-81 kg), Duport (-48 kg) et Cysique (-57 kg) l’ont fait et remportent leur premier titre national. Mariac et Buchard confirment.

 

Par Ludovic Mauchien

 

 

-60 kg

Florimont, première !

 

En l’absence de Walide Khyar (engagé en -66 kg) et de Vincent Limare, la finale semblait promise au duo Vincent Manquest, champion de France en titre, et Cédric Revol, le titulaire 2017 en équipe de France. C’était sans compter sur le jeune Jolan Florimont, 21 ans, vainqueur des Jeux de la Francophonie cet été. Le Niçois, champion de France Juniors en 2015, s’est d’abord débarrassé de Revol en demi-finale avant de se jouer du tenant du titre en finale (Ippon sur Sode). Dans l’autre demi-finale, à noter l’affrontement entre les deux frères jumeaux, Vincent et Florent Manquest, dominée donc par le premier nommé (deux Waza ari).

 

Jolan Florimont : « Je n’en reviens pas ! En demi-finale, je bats Cédric Revol, le n°1 de la catégorie sur un Morote inversé. Cela a été mon combat le plus difficile. J’étais mené d’un shido, il restait 30 secondes et je me suis dit que j’allais tenter le tout pour le tout. Et c’est passé ! Puis en finale, je domine le champion en titre en marquant Ippon en plus. C’est mon spécial (Sode à genou) mais je n’arrive pas à le faire sur des personnes plus petites que moi. Et là, ça passe alors que je peine à faire tomber Vincent à l’entraînement ».

 

  1. Jolan Florimont (Nice Judo)
  2. Vincent Manquest (AJA Paris XX)
  3. Cédric Revol (Pontault-Combault) et Richard Vergnes (Chilly-Mazarin)

 

 

-66 kg

Mariac double la mise

 

Kylian le Blouch blessé au pied, Walide Khyar battu dès son premier combat par Thomas Jaffart, David Larose sorti rapidement, le champion de France en titre n’a pas laissé passer l’occasion. Alexandre Mariac, 24 ans, ne s’est pas fait prier pour remporter un deuxième sacre national. Vainqueur de Sofiane Milous en demi-finale au Golden Score, il s’impose de justesse en finale face à Kevin Azema, 3e en 2015. A noter la belle médaille de bronze du Marseillais Daniel Jean, double champion de France Juniors en titre.

 

Alexandre Mariac : « J’ai confirmé, c’est mon deuxième titre consécutif. Je suis heureux ! Cela fait énormément plaisir. Je voulais mettre tout le monde d’accord. Mon but est de m’imposer comme le leader de la catégorie, pas seulement au niveau national, mais à l’international aussi. Mon combat le plus difficile ? En 8e de finale contre un inconnu. On a fait 3 minutes au Golden Score. Je n’arrivais pas à le faire tomber et il attaquait pile au moment où il allait prendre une pénalité. Désormais, je vais me recentrer sur moi-même. J’ai des objectifs à planifier. Dans les deux mois à venir, je vais tout faire pour progresser et combler mes lacunes ».

 

  1. Alexandre Mariac (ES Blanc-Mesnil)
  2. Kevin Azema (Maisons-Alfort)
  3. Daniel Jean (OM) et Alister Ward (Asnières)

 

 

-73 kg

Premier podium pour La Rocca

 

Demi-finaliste en 2012, 2013 et 2014, Julien La Rocca n’a cette fois-ci pas manqué la dernière marche. A 25 ans, le Francilien s’est défait de Pierre Duprat en demi-finale (2e Shido au Golden Score) avant de dominer le Niçois Lucas Otmane en finale (Waza ari). Ce dernier était venu à bout du champion de France en titre, le Parisien Benjamin Axus, dans la 2e demi-finale. Guillaume Chaîne et Pierre Duprat, qui complètent le podium, remportent respectivement leur sixième et quatrième médaille nationale. De son côté, Benjamin Darbelet a dû abandonner sur blessure au genou.

 

Julien La Rocca : « Enfin ! (il sourit). Je ne réalise pas trop… C’est ma première médaille ! J’ai fait trois fois 5e. A chaque fois, je perdais en demi-finale. C’était rageant. Je pense avoir passé un cap. Dans ma tête, je suis plus fort, j’ai plus envie. Je veux aller le plus loin possible. Mon combat le plus difficile a été celui contre Pierre Duprat en demi-finale. On a presque fait quatre minutes de Golden Score. Désormais, mon objectif, c’est le tournoi de Paris et essayer de passer un cap international. J’ai fait une médaille à une European Cup (Roumanie) mais là, c’est autre chose, c’est se mesurer aux plus grands ».

 

  1. Julien La Rocca (Ste-Geneviève)
  2. Lucas Otmane (OJ Nice)
  3. Pierre Duprat (ES Blanc-Mesnil) et Guillaume Chaine (ES Blanc-Mesnil)

 

 

-81 kg

Joubert transforme l’essai

 

Il n’a pu s’empêcher de laisser ses émotions prendre le dessus quand il a été déclaré vainqueur à l’issue de cette finale qui l’opposait à un Christ Gengoul au bout de ses forces (Hansokumake). Ce dernier a en effet passé dix minutes sur le tapis en quart de finale puis encore neuf minutes en demi-finale face à Nicolas Chilard. Quentin Joubert, après deux podiums nationaux, est donc devenu champion de France. En demi-finale, il avait dominé le vice-champion de France 2016, Baptiste Pierre (2e Shido au Golden Score).

 

Quentin Joubert : « Ca fait quoi d’être champion de France ? C’est un tas d’émotions qui arrivent subitement dans le corps et dans le cerveau. Ca s’est vu, non ? j’ai pleuré comme une madeleine (il rit). Toutes ces années… J’ai fait 3e en 2013, 2e en 2015. Avant d’affronter Chris Gengoul, j’ai repensé à ma finale perdue mais aussi à celle que j’ai gagnée en cadet. C’est avec cette émotion que j’ai pu gagner la finale. J’ai suivi mes petites routines. J’ai dormi dix minutes entre les combats, j’ai écouté de ma musique, j’étais dans ma bulle ».

 

  1. Quentin Joubert (Ste-Geneviève)
  2. Chris Gengoul (AJA Paris XX)
  3. Baptiste Pierre (Pontault-Combault) et Oumar Djalo (RCF/Issy)

 

 

-48 kg

Duport enfin !

 

Elle n’osait presque plus y croire. Trois finales, trois médailles d’argent (2008, 2011, 2014). Forcément, à l’heure d’affronter Mallaurie Mercadier, championne de France Juniors en 2014, en finale, Lucile Duport y a repensé. Mais, samedi, rien ne pouvait l’arrêter. C’était la plus forte. Elle a magnifiquement remporté son premier titre de championne de France (Ippon). La double championne de France en titre, Mélanie Clément, était tombée en quart de finale contre Blandine Pont, vice-championne d’Europe cadettes en 2014 (Golden Score), qui va finalement prendre la troisième place. Lucile Duport va pouvoir étrenner son titre au Grand Chelem de Tokyo, pour lequel elle est sélectionnée.

 

Lucile Duport : « C’est génial de gagner ! C’était ma 4e finale. J’ai perdu toutes les autres, en -48 kg et en -57 kg. Je suis redescendue de caté il y a un an. Je suis contente et soulagée. Je travaille depuis longtemps. C’est important un titre, ce n’est pas être 2e ou 3e. Dans une catégorie où il y a des possibilités, même si Mélanie (Clément) est devant, cela me permet de marquer des points. Et je gagne en confiance ».

 

  1. Lucile Duport (US Orléans)
  2. Mallaurie Mercadier (Blanc-Mesnil Sport)
  3. Mélanie Clément (Marnaval) et Blandine Pont (OM Judo)

 

 

-52 kg

Buchard, évidemment !

 

  1. Amandine Buchard (RS Champigny)
  2. Astride Gneto (ES Blanc-Mesnil)
  3. Amélie Brieux (Marnaval) et Marie Orsini (US Orléans)

 

C’était l’une des affiches les plus attendues de la journée. Et, contrairement à beaucoup d’autres catégories où les favoris ont failli, Amandine Buchard, 22 ans, et Astride Gneto, 21 ans, étaient au rendez-vous.

La première nommée, déjà sacrée à trois reprises en -48 kg, a frappé fort et s’impose comme la n°1. En enrichissant sa panoplie technique, elle est encore montée d’un cran. Mais elle a quand même tenu à placer son spécial, le Kata Guruma, qui lui permit d’achever son succès en finale.

 

Amandine Buchard : « Je me sentais vraiment bien aujourd’hui. D’ailleurs, je n’ai pas fait que des Kata, mais un Seoi, du Ne Waza et plusieurs Sode (elle rit). J’étais « juteuse ». C’était important que je m’impose, en plus face à Astrid (Gneto), ma concurrente directe. C’était la finale attendue mais on n’est jamais à l’abri. Ce titre est différent des autres. Après, un championnat de France, ce n’est pas une compétition comme une autre. Tu as une pression constante. C’est un stress particulier. Je l’ai bien géré et il s’est transformé en bon stress. Je suis contente, j’ai ma sélection pour le tournoi de Paris (elle rit) ».

 

 

-57 kg

Cysique en profite

 

Les deux leaders de la catégorie, la championne d’Europe Priscilla Gneto (opérée des ligaments croisés en octobre), et la médaillée de bronze mondiale et européenne, Hélène Receveaux (au repos), toutes deux absentes, lui avaient dit : « à toi de jouer ». La jeune Sarah-Léonie Cysique, 19 ans, a attentivement écouté et ne s’est pas fait prier. Troisième l’an passé chez les Seniors, deuxième puis troisième chez les Juniors, la jeune sociétaire de l’ACBB est devenue championne de France en dominant Sarah Harachi en demi-finale et Lola Benarroche (trois 3e place en 2011, 2012 et 2015) en finale.

 

Sarah-Léonie Cysique : « Cette victoire me fait extrêmement plaisir. Ma contre-performance aux championnats du monde m’a affectée. Je voulais rebondir. Cette victoire me redonne confiance. J’ai eu quelques complications, des petites blessures, mais j’ai gardé en tête ces championnats de France. Je voulais monter sur la première marche. J’avais les crocs. Les deux titulaires étaient absentes et toutes les deux m’ont dit : « tu es libre ! ». Vu ce que j’ai fait en finale, j’ai encore plus confiance en moi. J’espère être qualifier au tournoi de Paris et aller bousculer les Seniors ».

 

  1. Sarah-Léonie Cysique (ACBB)
  2. Lola Benarroche (RS Champigny)
  3. Lisa Marchese (Peugeot Mulhouse) et Sarah Harachi (FLAM 91)