Clarisse Agbegnenou : « J’ai appris de mes erreurs »

Judo : Elle revient sur son 2e titre de championne du monde (-63 kg)

Judo - Clarisse Agbegnenou « On remet les compteurs à zéro »

Elles sont inséparables. Elles se sont donc une nouvelle fois retrouvées en finale, leur 5e d’affilée. Mais, cette fois-ci, c’est Clarisse Agbegnenou qui a eu le dernier mot. Jeudi, à la Laszlo Sport Arena de Budapest où se déroulent les Mondiaux de Judo (28 août-3 septembre), la Française a nettement dominé la Slovène Tina Trstenjak après 4 tentatives infructueuses. Clarisse Agbegnenou s’est adjugée son 2e titre mondial, après celui de 2014.

 

Par Ludovic Mauchien

 

Elle commençait à désespérer. Mais elle n’a pas sombré. Victorieuse de Tina Trstenjak en ¼ de finale des Mondiaux 2014, en finale de l’Euro 2014 (et en équipe), Clarisse Agbegnenou restait sur 4 finales perdues face à la Slovène (GP Zagreb et Mondiaux 2015, JO 2016, Grand Slam Paris 2017).

Mais, jeudi, à Budapest, la Française n’a fait qu’une bouchée de sa bête noire en finale des Championnats du monde pour s’adjuger une 2e titre mondial (-63 kg) après celui de 2014. Trstenjak, incapable de prendre la mesure de son adversaire très entreprenante, s’est vue pénalisée à 3 reprises pour finalement être disqualifiée.

 

Qu’est-ce qui a changé depuis tes dernières finales perdues face à Trstenjak ?

Je pense que j’ai commencé à apprendre de mes erreurs. Je me suis trop focalisée sur elle au fur et à mesure alors que ce n’était pas du tout le bon chemin. C’était le mauvais et je suis restée dedans longtemps. J’ai décidé que ce n’était plus possible, qu’il fallait changer ça, que je redevienne moi.

 

Ton changement d’environnement a contribué à te renouveler ?

Oui… il y a un peu de tout. On se remet en question. Mais je ne pense pas qu’avoir changé de club a été le déclic. J’aurais aussi trouvé la solution même sans changer de club. Je suis quelqu’un qui sait aussi se prendre en main. C’est bien la défaite, cela permet de travailler sur soi-même. Essayer d’atteindre à chaque fois le Graal, c’est bien. Jeudi, j’ai pratiquement fait une compétition ans faute. Ce n’est pas mal. J’ai encore acquis des compétences, et ce n’est pas fini. A chaque fois, il y avait des questions : « oui, à force, on commence à te connaître, tu fais toujours la même chose… ». Au final, j’arrive à changer, à le faire d’une autre façon. Et cela fonctionne.

 

Qu’as-tu travaillé différemment ?

J’ai travaillé beaucoup de choses, techniquement et aussi mentalement. J’ai appris à plus me poser. J’ai grandi en maturité. Et cette maturité va avec mon Judo. Même dans mon Judo, je suis plus posée et mature. Je sais me calmer quand il faut.

 

Lequel de tes 2 titres te fait le plus plaisir ?

Honnêtement, je pense que cela reste le premier, car on ne s’y attend pas. C’est juste magique d’être championne du monde. Après, cela fait toujours plaisir. J’avais déjà été championne du monde et le refaire, c’est vraiment mettre… Ouaouhhh. J’ai confirmé et c’est beau aussi.

 

Tu marques 1 Ippon en 7 secondes et un autre en 14 secondes. Cela t’était-il déjà arrivé ?

Cela fait très, très longtemps. Je me disais qu’avec ces nouvelles que ce serait compliqué de mettre des Ippons. Là… J’ai fait fort, on va dire (elle rit).