Walide Khyar : « C’est dur… »

Judo : le Français a été éliminé au 2e tour des Championnats du monde

Walide Khyar : « C’est dur… » Championnats du monde Budapest 2017

Il se sentait bien. Il avait tout fait pour. Il croyait que cela allait être sa journée à la Laszlo Papp Sports Arena de Budapest où se déroulent les Mondiaux de Judo (28 août-3 septembre).

Mais, face au Mongol Ganbat, champion du monde en 2014, Walide Khyar (-60 kg) ne démentait pas ses sensations. Puis, en Golden score, l’histoire se répéta, comme aux JO de Rio. Il s’est fait contrer.

 

Par Ludovic Mauchien

 

Rageant ! Oui, c’est rageant. Le jeune Français Walide Khyar (22 ans) ne sera pas champion du monde pour sa 1ère participation, comme il avait su le faire pour l’Euro en 2016.

Par manque de Judo suite à son opération de la cheville droite en mars ? Que nenni. Le licencié du Flam 91 semblait très affûté. Dès son 1er combat, il n’a d’ailleurs fait qu’une bouchée du Suisse Sihkongonyane, en le dominant par Ippon au bout de 55 secondes sur clé de bras (Juji Gatame).

Même au 2e tour, opposé à l’expérimenté Mongol Ganbat, 30 ans, champion du monde 2014, Walide paraissait bien. Il menait même d’une pénalité à la fin du temps réglementaire. Mais, au bout de 1 minute 13, avec une pénalité d’avance, il tenta de faire tomber son adversaire. Celui-ci en profita pour placer un contre judicieux. C’en était fini.

 

L’histoire se répète… Tu semblais bien et, au final, tu t’inclines…

C’est la même chose qui se répète. C’est un combat que je mène et que je perds. C’est ça le plus dur, de mener des combats, d’être serein sur un match et de finir par le perdre sur une erreur bête, vraiment très bête. J’avais un ex champion du monde entre les mains. Je l’ai déjà battu.

Je n’étais pas obligé d’attaquer. Il n’en pouvait plus. Je l’entendais respirer à mon oreille. Même lui, je suis sûr qu’il n’y croyait plus tant que ça. Il a eu une opportunité, il a su la saisir et voilà… C’est dur…

 

Est-ce un manque de concentration ?

Ce n’est pas du tout un manque de concentration. Je l’étais. Depuis que je suis arrivé à Budapest, je me suis mis dans ma bulle. Je me suis concentré. C’est la fougue qui me fait gagner et parfois perdre, c’est de vouloir faire tomber alors que je n’étais pas obligé. Les pénalités auraient suffi. C’est surtout ça qui est le plus dur.

J’étais prêt aujourd’hui (lire lundi 28), même si j’ai eu une année compliquée. J’ai repris le Judo il y a un mois et demi. Je reviens d’une opération de la cheville droite. J’ai fait tout ce qu’il fallait pour pouvoir être champion du monde aujourd’hui.

 

Comment te sentais-tu physiquement ?

Je me sentais très, très bien. J’avais presque 1 kg de marge. Je n’ai jamais aussi bien géré le poids. Cela fait un mois et demi que je suis en train de perdre mon poids. J’étais vraiment très en forme. Dès le réveil, j’étais persuadé que c’était ma journée. C’est la loi du sport. Aujourd’hui, ce n’était pas mon jour. Mais je ne lâcherai pas l’affaire et je ferai en sorte que ce soit mon jour la prochaine fois.

 

Tu t’inclines au bout de plus de 5 minutes de combat. Tes 3 mois sans Judo ont-ils joué un rôle ?

Je ne l’ai pas ressenti. Je n’y pensais même pas en fait. J’avais l’impression de ne pas avoir arrêté. Pendant que j’étais blessé, je m’entraînais très dur. Je pense en faire plus que presque tout le monde.

Beaucoup d’athlètes de l’équipe de France me disent des fois : « calme-toi, tu en fais trop ». D’autres me disent que je suis dans le vrai. Cyrille Maret, à Houlgate (stage de l’équipe de France en juillet), est venu me voir et m’a dit : « tu es dans le vrai Walide, continue. Ce que tu fais, c’est bien ». Cela m’a touché. J’y pensais beaucoup aujourd’hui. Cela m’a donné une force. Malheureusement, cela ne s’est pas passé comme prévu.