Toma Nikiforov : « Il y a un tel niveau ! C’est un truc de dingue ! »
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Toma Nikiforov : « Il y a un tel niveau ! C’est un truc de dingue ! »

 

Il en a fait son métier mais le Judo représente bien plus pour lui. C’est d’abord un héritage familial, des valeurs qui lui sont chères. C’est surtout sa passion. Qu’il pratique, qu’il regarde, qu’il savoure sous toutes ses formes. Toma Nikiforov ne se prive jamais de plaisir. Il ne manque d’ailleurs pas une compétition sur Internet.

Né le 25 janvier 1993 à Schaerbeek, près de Bruxelles, ville où ses parents viennent de s’installer en provenance de Bulgarie, le champion suit les traces de son père avant de rapidement le devancer. Vice-champion du monde et d’Europe des -17 ans en 2009, médaillé d’argent des Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2010, Toma ne cesse dès lors d’apparaître sur les podiums internationaux.

Il réalise sa 1ère grande perf’ chez les Seniors en remportant le Grand-Prix de La Havane en 2014 (plus 2 victoires en World Cup). En 2015, il cumule pas moins de 5 médailles de bronze, aux Mondiaux, aux Championnats d’Europe, au Masters et 2 en Grand Chelem.

Mais, dès l’été 2015, il est fortement handicapé par de fréquentes crampes aux mains. « Mon os sortait de ma main », racontait-il après son combat héroïque victorieux face au Français Cyrille Maret pour la médaille de bronze en août. Cette blessure n’empêche pas Toma Nikiforov de remporter une belle médaille d’argent aux Championnats d’Europe 2016, au printemps suivant (défaite contre le Néerlandais Grol).

 

« Les 5 minutes les plus longues de ma vie ! »

 

L’été sera moins brillant. Il repart sans éclat de Rio, éliminé en 8e de finale par le Géorgien Gviniashvili. L’après Jeux Olympiques s’avère difficile à vivre. Sa thérapie ? Gagner ! Toma regoûte aux joies de la victoire début 2017 à Düsseldorf. Mais, aux Championnats d’Europe de Varsovie fin avril, il se fait surprendre par le Géorgien Liparteliani au 1er tour, avant de remporter l’Open de Slovénie en juin, son dernier tournoi à ce jour. Depuis, le nouveau membre de la Team Adidas se prépare activement pour la Hongrie, où il compte bien faire feu de tout bois.

 

A tes derniers Championnats du monde, tu es reparti avec une médaille de bronze. Cela reste-t-il un bon souvenir ?

Franchement, pas trop. Effectivement, je suis très content d’avoir gagné une médaille mais c’est le seul point positif. J’ai vraiment, vraiment souffert. Ce combat contre Cyrille (Maret), c’était les 5 minutes les plus longues de ma vie ! Quand il s’est terminé, j’étais plus content que le combat soit fini que d’avoir la médaille ! Et, après, je dois me faire opérer.

 

Entre tes deux opérations (syndrome des loges et canal carpien), tu atteins la finale des championnats d’Europe 2016. Bon ou mauvais souvenir ?

J’avais fait une très belle journée. J’étais vraiment bien. Et juste avant de monter sur le tapis, j’ai à nouveau des crampes aux mains ! Je n’avais pas envie de revivre le combat d’Astana (contre Maret). Comme je n’avais pas les moyens de faire de la tactique, j’ai attaqué pour mettre Ippon. Sauf que Grol est un contreur et mon attaque n’était pas très bien faite. Du coup, c’est moi qui me retrouve sur le dos. J’étais dégoûté parce que je l’avais battu au Tournoi de Paris et cela aurait été un combat vachement intéressant si j’avais pu avoir toutes mes armes.

 

« Il ne fallait pas me parler des Jeux… »

 

Aux JO de Rio, tu repars sans médaille. Quel est ton sentiment aujourd’hui ?

Au 2e tour, je tombe sur le Géorgien Gviniashvili, un judoka que je n’avais jamais rencontré ni en compétition, ni en combat d’entraînement. Il est très atypique. Il est très petit mais il est quand même très puissant ! Il ne m’a pas laissé le temps d’attaquer, il le faisait toujours avant moi. J’étais un peu perturbé. Quand je le prenais à droite, il se décalait et se mettait à gauche. Et quand je le prenais à gauche, il courait et il se mettait à droite. J’étais complètement perdu dans ma tactique. Le temps que je réagisse, c’était trop tard. Il m’avait mis les 2 Waza ari.

 

Comment as-tu vécu l’après-JO ?

Après les JO, cela a été un cauchemar pendant quelques semaines. C’était très, très dur ! J’allais à Rio pour faire mieux qu’un 2e tour. En plus, être sorti par un gars qui était monté en -100 kg quelques mois auparavant seulement pour se qualifier, ça fait mal !

Il ne fallait pas me parler des Jeux… J’étais vraiment tendu quand on m’en parlait. Et même encore aujourd’hui, mon regard change, je transpire des mains. Mais on va faire oublier ça avec d’autres résultats.

 

Aux Championnats du monde de Budapest par exemple ?

Mon premier objectif est de faire le poids. Après, je prendrai combat par combat. J’espère que je vais me sentir bien le jour J et que je vais être patient, à l’écoute de mes entraîneurs. Tu as beau t’être entraîné comme tu veux, tu as beau être aussi fort que tu veux, si tu n’es pas bien le jour J, c’est difficile ! Mais c’est la même chose pour tout le monde.

 

Etre au poids te pose-t-il problème ?

Comme ma dernière compétition remonte à mi-juin, c’est plus facile parce que je gère le temps. Sinon, quand tu enchaînes les compétitions, à la longue, tu en as un peu marre ! Mais, pour les Championnats du monde, je suis motivé à bien le faire. Cela ne posera pas trop de problèmes.

 

« Les deux derniers jours, je ne bois pas… »

 

Comment t’y prends-tu ?

Naturellement, je pèse 107 kg. Je diminue les quantités nutritives plus ou moins trois semaines à l’avance. J’essaye de me rapprocher du poids de compétition pendant les derniers entraînements, pour m’habituer à combattre en étant plus léger.

Les derniers jours, cela devient un peu draconien. Je ne mange presque pas et j’insiste surtout sur l’hydratation. Ainsi, les deux derniers jours, je ne bois pas mais je reste bien hydraté avec ce que j’ai bu les jours avant.

 

Quels principaux adversaires as-tu identifié ?

Tout le monde ! Il y a un tel niveau en -100 kg depuis quelques années ! Et il augmente sans cesse. C’est un truc de dingue ! Il n’y a plus personne à sous-estimer. Tu as beau prendre un Suédois, un Norvégien, un Russe… Ils vont être très, très forts. Ca va donc être ambiance tendue sur le tapis, le 2 septembre.

 

Quand ta préparation a-t-elle commencé ?

On fait généralement une dernière compétition afin d’effectuer pas mal de combats. Me concernant, c’était l’European Cup en Slovénie (18 juin). Puis on commence la préparation entre six et huit semaines avant l’échéance. Quand on est encore assez loin de la compétition, on s’entraîne deux fois par jour. L’idée est de garder son poids de forme et d’aligner une grosse quantité de randoris. On a d’ailleurs été au stage d’Houlgate pour cela (7-14 août). Il y avait l’équipe de France, les Ouzbeks, les Allemands, les Brésiliens…

Puis, le 6 août, on est parti en Hollande pour continuer sur cette lancée. On est ensuite resté en Belgique pour peaufiner les derniers petits réglages. Quand on se rapproche du tournoi, on passe à un entraînement par jour, moins intense, plus court, plus basé sur la vitesse et l’explosivité.

 

 

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