Marie-Eve Gahié : « Devenir la meilleure »

Judo : 3e à l’Euro, elle va disputer ses 1ers championnats du monde

Marie-Eve Gahié : « Devenir la meilleure »

Elle a 20 ans et elle est bourrée de talent. Championne du monde Cadette, championne d’Europe Junior, Marie-Eve Gahié va représenter la France en -70 kg aux Championnats du monde de Budapest (28 août – 3 septembre).

Repérée très tôt par la FFJudo, la Parisienne succède ainsi à Lucie Decosse et Gévrise Emane, qui a remporté la dernière édition des Mondiaux en 2015.

Marie-Eve Gahié n’est pas effrayée par cet héritage. Au contraire, elle adore les challenges. Elle compte bien le montrer en Hongrie…

 

Par Ludovic Mauchien

 

 

Les adversaires des Françaises en -70 kg vont vraiment finir par se lasser. A chaque fois, c’est pareil ! A l’espoir, s’ensuit la déception. Elles pensaient pouvoir respirer un peu après les JO de Londres, quand Lucie Decosse, championne olympique 2012, triple championne du monde et quadruple championne d’Europe, s’est retirée des tatamis.

Pas de chance ! Gévrise Emane, triple championne du monde, quintuple championne d’Europe et médaillée olympique, monte de caté. Encore 4 ans à se faire tordre dans tous les sens !

Celle-ci se retire après les JO de Rio. Ouf ! Elles vont pouvoir respirer !… Eh non ! Marie-Eve Gahié, 20 ans, pointe sa frimousse. A Budapest (28 août-3 septembre), la Française disputera ses 1ers Championnats du monde Seniors. Pour ses 2e Championnats d’Europe individuels, en avril dernier, elle s’est déjà hissée sur la 3e marche du podium. A bonnes entendeuses…

 

« Je n’aime pas être comparée »

 

Surtout que la Parisienne n’en est pas à son coup d’essai. Formé à Force XV Judo par Eric Rouiller, à Paris, elle est rapidement détectée et intègre le circuit de la FF Judo : Pôle Espoirs à Brétigny, Pôle France à Orléans puis INSEP depuis 3 ans.

Dès 2012, à 14 ans, elle est alignée en compétition internationale. Dès lors, aucune année ne se déroulera sans médailles pour la sociétaire du Flam 91. Elle est championne du monde et championne d’Europe cadettes en 2013 (3e en 2012), 3e des Mondiaux Juniors en 2014, 1ère des Jeux Européens par équipe en 2015, championne d’Europe Juniors et championne de France Senior en 2016.

A 19 ans, l’an passé, la membre de la team Adidas s’est adjugée ses deux premiers Grand-Prix, Almaty et Samsun, et, surtout, son 1er Grand Slam à Abu Dhabi ! Marie-Eve Gahié est lancée !

 

Est-ce un lourd héritage à porter que de représenter la France en -70 kg ?

Oui et non. Oui, par rapport à mes aînées. Non, parce que je n’aime pas comparer et je n’aime pas être comparée. J’aime bien prendre ce qu’il y a à prendre. Si elles doivent m’apporter de par leur technique, leur façon d’être ou de se préparer, ok. Je trouve que l’on est toutes uniques.

 

« Ce n’était pas une médaille d’or, cela me motive »

 

Comment abordes-tu tes 1ers championnats du monde Seniors ? Quelles sont tes ambitions ?

Combattre tour après tour et gagner tous mes combats. J’essaie de me dire que c’est une compétition importante mais que cela reste une compétition tout court. J’essaie de gérer la pression en fait.

 

Le fait d’avoir remporté une médaille de bronze aux championnats d’Europe te libère-t-il ou est-ce l’inverse ?

Vu que ce n’était pas une médaille d’or, cela me motive. Elle me fait plaisir, cela m’aide quelque part, mais ça me motive encore plus pour aller chercher la médaille d’or.

 

Quels sont tes atouts selon toi pour y parvenir ? Ta taille (1,75 m) doit en être un ?

Sûrement pas ! Etre grande, cela a des avantages et des désavantages. Il n’y a pas réellement de taille parfaite. Mes points forts ? L’accélération, quand je veux (rire). Mettre des petits coups d’accélération.

 

Quelle est ta technique favorite ?

Eri o soto gari. J’ai dû la faire quand j’étais plus jeune. C’est passé. J’ai grandi avec. Et ça marque !

 

Pourquoi le Judo ?

Une amie de ma mère lui a dit qu’il fallait me mettre dans un sport de combat pour canaliser mon énergie, parce que j’étais un peu dissipée en cours. Cela ne m’a pas canalisée en cours mais c’est devenu une passion.

 

« J’aime la concurrence »

 

Qu’est-ce qui te fait kiffer dans le Judo ?

La compétition. J’aime la concurrence. J’aime avoir l’objectif de devenir la meilleure.

 

As-tu des modèles ?

En Judo, je me suis intéressée tard aux champions. Mes modèles, c’est… Lucie (Decosse), qui est devenue mon entraîneur. Quand j’ai réellement commencé à m’intéresser aux champions, c’est tombé sur elle (rires).

 

Et en sport de manière générale ?

J’aime Serena Williams, dans sa manière d’être, pour son palmarès. Je ne regarde pas tous ses matches. Je crois même que je n’en ai pas regardé un ! C’est plus dans la manière d’être à côté du sport. Sinon, je n’en ai pas réellement.

 

Qu’apprécies-tu faire en dehors du Judo ?

J’aime bien sortir, me balader. J’aime bien Paris. J’aime bien voyager, quand j’ai du temps. C’est rare (rires). J’aime bien visiter. Pour la musique, je m’adapte. Au cinéma, j’aime bien la science-fiction.