Yann Baillon : « J’aime son Karaté champagne… »

Karaté : Le head coach français présente les qualités de chaque combattant

Yann Baillon : « We want to make a point »

1ère nation européenne et 2e mondiale, la France possède énormément d’atouts pour demeurer le leader continental aux Championnats d’Europe de Kocaeli, en Turquie (4-7 mai).

Yann Baillon, le manager de l’équipe nationale, champion du monde des -80 kg en 2002, nous explique ce qu’il aime dans le Karaté de chacun.

 

Par Ludovic Mauchien

 

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1ère nation européenne et 2e mondiale, la France possède énormément d’atouts pour demeurer le leader continental aux Championnats d’Europe de Kocaeli, en Turquie (4-7 mai).

Yann Baillon, le manager de l’équipe nationale, champion du monde des -80 kg en 2002, nous explique ce qu’il aime dans le Karaté de chacun.

 

Par Ludovic Mauchien

 

C’est un championnat d’Europe assez particulier qui va s’ouvrir le 4 mai à Kocaeli en Turquie. Post-championnat du monde et pré-qualifications olympiques, il se situe dans le creux de la vague. Mais les ambitions françaises restent toujours identiques : gagner !

« C’est une saison de transition », assure Yann Baillon, le manager des équipes de France. « Cette annonce de l’olympisme amène aussi à avoir une réflexion, de ma part et de la part des athlètes. Tout le monde a tendance à mettre comme priorité les qualifications olympiques de l’année prochaine. Ce championnat d’Europe va être pour nous une espèce de test, une évaluation pour voir quels athlètes vont rentrer dans le collectif olympique. Mais, malgré tout, l’objectif est d’être dans les trois premières nations européennes ».

 

Sofiane Agoudjil (-60 kg)

« Ce que j’aime, c’est sa capacité à anticiper. C’est un très bon remiseur, un karatéka qui est assez intelligent. C’est le côté positif. Il analyse beaucoup, il est beaucoup dans la prise d’informations, il anticipe énormément les attaques adverses ».

 

Steven Da Costa (-67 kg)

« J’aime son Karaté champagne. C’est un athlète qui ne doute pas de lui. Il a des qualités techniques, athlétiques qui sont énormes, au-dessus de la moyenne.

Ce que j’apprécie par-dessus de tout, c’est son côté audacieux. Il est capable de tenter des choses que personne ne serait capable de tenter à des moments clés.

En général, tu te protèges quand c’est un peu chaud, tu sais que tu es attendu en contre… Lui est capable de te lancer un 360, un balayage, ou n’importe quoi !

C’est ce Karaté audacieux qui me plaît chez lui ».

 

Corentin Séguy (-75 kg)

« Ce que j’aime c’est sa vista. C’est un combattant qui est vachement tonique, qui est encore dans son jus, donc c’est un Karaté franc. Il y va, il ne se pose pas trop de questions.

Il a une capacité à être assez électrique à tous les moments du combat, il est tonique dans les déplacements, dans l’attitude, et c’est cela que j’aime chez lui ».

 

Kenji Grillon (-84 kg)

« C’est son expérience, sa combativité. C’est quelqu’un qui est très dans l’analyse, dans la tactique. Il ne laisse pas à son adversaire faire une erreur parce qu’il y a une sanction directe. Il est très tacticien, très analyste et a beaucoup d’expérience ».

 

Salim Bendiab (+84 kg)

« C’est un karatéka un peu fougueux, assez bagarreur quand il faut être bagarreur. Ca peut entraîner des failles. Mais il a des qualités athlétiques assez intéressantes. Quand il est capable de les exploiter en alliant un peu le physique, la technique et la concentration, il peut être très, très fort ! ».

 

L’équipe masculine (Julien Caffaro, Jessie Da Costa, Logan Da Costa, Steven Da Costa, Marvin Garin, Kenji Grillon, Corentin Séguy)

« Ce qui me plaît dans cette équipe, c’est qu’il y a une très, très forte cohésion. Tu as l’impression que c’est une équipe de rugby. Ils y vont à 7. Il n’y a personne qui est sur la touche. Ils sont 7 à avoir le même objectif, la même envie de gagner. Ils sont 7 à se coacher.

Cette énorme cohésion fait leur force. On l’a vu sur les derniers Championnats du monde où ils ont surclassé l’Egypte qui est une nation qui nous a dominés pendant des années. Ils sont capables de battre n’importe qui. C’est ce côté collectif qui me plaît chez eux ».

 

Alexandra Recchia (-50 kg)

« Ce sont ses qualités globales, sa vitesse, son explosivité, sa variété technique, sa mobilité… C’est quelqu’un qui est très mobile, très électrique dans les déplacements. Il y aussi son expérience, car cela fait pas mal d’années qu’elle est sur le circuit, et elle se remet constamment en question. Elle continue à être performante. C’est la karatékate que tout le monde rêve d’avoir dans son équipe parce qu’elle est complète ».

 

Emily Thouy (-55 kg)

« C’est la calculatrice. Elle est très tacticienne. Elle est beaucoup dans l’analyse, c’est une très, très forte remiseuse, très forte contreuse, très forte anticipatrice. Elle est capable de battre n’importe qui semble beaucoup plus forte qu’elle parce qu’elle ne laisse pas la moindre erreur en face. Elle a des qualités de concentration qui sont au-dessus de la moyenne. »

 

Lucie Ignace (-61 kg)

« C’est son explosivité. C’est une athlète qui va très, très vite, qui va aussi vite que certains, même beaucoup de garçons. Elle a des qualités globales d’explosivité, de vitesse, de déplacement qui sont assez importantes.

Au meilleur de sa forme, c’est quelqu’un qui va vraiment très, très vite ! Je me suis mis en face plusieurs fois. Sa vitesse est assez hallucinante ! »

 

Alizée Agier (-68 kg)

« C’est un élastique. C’est ça que j’aime chez elle c’est que, dans n’importe quelle situation, elle est capable de mettre une canne, un Mawashi au corps, ou de te sortir un truc.

Elle est aussi très, très agressive, c’est ce qui fait sa force. Elle arrive justement à avoir cette double personnalité, très calme, très posée, très douce en dehors du tapis, et être un véritable pitbull sur le tapis. C’est, à mon avis, ce qui fait la différence. Elle arrive à être très agressive tout en étant concentrée. Elle maîtrise vraiment ça, et elle a des qualités de souplesse qui sont aussi assez impressionnantes ».

 

Anne-Laure Florentin (+68 kg)

« C’est quelqu’un qui sait se servir de son gabarit. Elle est très grande, elle a beaucoup d’amplitude, et elle sait mettre cela énormément en avant.

Après, c’est une athlète qui est assez tacticienne, qui arrive à bien analyser ses adversaires. Et elle se sert très bien de son bras avant, qui fait souvent la différence.

C’est aussi quelqu’un qui, en dehors du tapis, est très calme, très posée mais, dès qu’elle met un pied sur le tapis, elle impose son physique par son agressivité, sa détermination ».

 

L’équipe (Alizée Agier, Leïla Heurtault, Lucie Ignace, Alexandra Recchia)

« C’est un panaché, un cocktail de hauts potentiels, de filles très fortes, qui sont capable de battre n’importe qui au monde ! On l’a vu sur les derniers Championnats du monde, qu’elles ont dominés du début jusqu’à la fin.

Elles ont la chance d’être des combattantes assez exceptionnelles, avec des qualités exceptionnelles. Je pense que toutes les équipes au monde rêvent d’avoir une équipe féminine comme la nôtre. »

Quand elles tirent toutes dans le même sens et qu’elles sont toutes déterminées à aller chercher un titre, elles sont difficilement arrêtables ! Quand elles choisissent de gagner, en général, elles gagnent. »