Audrey Tcheuméo : « Mon principal ennemi, c’est moi-même »

Judo : Championnats d’Europe à Varsovie (20-23 avril)

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Elle est réapparue à Paris, en février, après de longues vacances consécutives à sa défaite en finale olympique à Rio. Le résultat ? Une nouvelle victoire, sa 3e à Bercy. Depuis, elle s’est refait une forme. En route vers son objectif ultime, reconquérir le titre mondial 6 ans après son 1er, Audrey Tcheuméo voit les Championnats d’Europe, dont elle détient le titre, comme un test grandeur nature. La Française, qui fête ses 27 ans le 20 avril, veut montrer « qu’elle ne lâche pas l’affaire » et ambitionne une 4e couronne continentale.

 

Par Ludovic Mauchien

 

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Elle attend évidemment Tokyo, mais elle n’attend pas pour autant Godot. « Un champion en veut toujours plus », assure-t-elle. En 4 ans, elle a le temps d’engranger des trophées. Alors pourquoi attendre ?…

Celui qui lui tient le plus à cœur dans l’immédiat, c’est le titre mondial, qu’elle n’a plus obtenu depuis 2011. 2e en 2014, 3e en 2013, Audrey Tcheuméo estime ne pas en avoir eu pour son argent, d’autant plus que l’or lui a de nouveau échappé à Rio (défaite en finale par l’Américaine Harrison).

Alors, dans son esprit, l’heure de l’or va sonner en août prochain. Mais une 1ère sonnerie serait la bienvenue. Avec son nouveau coach, Lucie Decosse, la Française s’est attelée à développer une nouvelle approche mentale. Et si celle-ci portait ses fruits dès Varsovie ?

 

Le tournoi de Paris correspondait à ton retour après un long break. Désormais, comment te sens-tu ?

Je me sens très, très bien. Paris, c’était un peu dur pour moi. Cela ne s’est pas vu mais mentalement et physiquement, c’était assez dur. C’était ma reprise. Après les Jeux, j’ai fait une grosse coupure. C’est le point de départ pour cette saison.

Je me suis entraînée sérieusement, mieux j’ai plus d’entraînement dans les jambes. Je me sens monter en puissance. On verra bien le jour J.

 

« J’étais le bébé de Cathy (Fleury) »

 

Quand on a été 3 fois championne d’Europe, comment se motive-t-on ?

Un champion en veut toujours plus. On veut toujours se satisfaire. Je veux aussi montrer aux gens que je suis quelqu’un qui se bat, qui ne lâche pas l’affaire.

 

Tu as entamé la saison avec un nouvel entraîneur, Lucie Decosse. Cela change-t-il beaucoup de choses ?

Au début, j’appréhendais beaucoup. Avant, j’étais avec Cathy Fleury. C’était ma maman. J’étais le bébé de Cathy. J’avais certaines habitudes avec elle que je n’avais pas avec d’autres entraîneurs. C’était Cathy ! Personne ne pouvait la remplacer. J’ai donc eu du mal, je ne me sentais pas bien. Je n’avais pas envie.

Je connaissais Lucie puisqu’on était athlète ensemble. On a parlé, on a mis les choses à plat et cela se passe super bien ! Elle m’apporte la sérénité que je n’avais pas. C’est un beau mélange et j’espère que l’on va faire de grandes choses ensemble.

 

« Avec Lucie, je suis plus autonome, je grandis »

 

Quelle est la différence entre le travail avec Cathy Fleury et Lucie Decosse ?

Avec Lucie, je suis plus autonome. Je grandis, je suis moins bébé. Je commence à grandir en étant moi-même. Lucie, c’est la force tranquille. Elle m’apprend à justement être tranquille, relâchée, ne pas trop stresser…

 

Tu as toujours tendance à être stressée avant une compétition ?

Beaucoup moins ! Lucie m’apprend à mieux aborder les compétitions. Mais c’est incroyable que je stresse beaucoup ! Pourquoi ?… J’ai toujours dit que mon principal ennemi, c’est moi-même.

Dans la vie et dans la carrière d’un sportif, ton principal combat, c’est contre toi, ce n’est pas toi et les autres, mais c’est toi et toi.

 

Comment abordes-tu ces championnats d’Europe ? 

Franchement, j’y pense juste un peu. Le stress commence à monter au fur et à mesure que le temps passe. Mais je vois un coach mental qui m’aide à relativiser.

 

« A part les Japonaises, toutes les meilleures sont présentes »

 

Quel est ton objectif principal en 2017, les Championnats du monde, on imagine ? 

C’est tout à fait ça. Je n’ai pas gagné les Mondiaux depuis 2011. J’ai fait 2e, 3e… C’est une compétition que je voudrais absolument regagner.

 

Considères-tu ces Championnats d’Europe comme une simple étape vers les Mondiaux ? 

C’est une étape à franchir. Mais, un titre européen, c’est quand même quelque chose ! Aux Championnats d’Europe, à part les Japonaises, toutes les meilleures mondiales sont présentes. C’est une bonne étape pour ensuite repartir pour les Mondiaux. C’est un bon test.