Walide Khyar : « Je suis trop gentil avec mon adversaire »

Judo : éliminé en 8e de finale du Grand Slam de Paris

Walide Khyar « Je suis trop gentil avec mon adversaire »

Le champion d’Europe des -60 kg, éliminé au Golden score en 8e de finale du Grand Slam de Paris (11-12 février), revient sur cette défaite très frustrante face au Coréen Kim Channeyong. Il revient également ses ambitions à venir et ce début d’année raté.

 

Par Ludovic Mauchien

 

 

Cette défaite, après avoir fait tout le combat, doit être plutôt synonyme de frustration …

C’est le mot. Honnêtement, je pense avoir fait tout le match. Ce sont les nouvelles règles qui s’appliquent. Si l’on repart 6 mois en arrière, je gagne ce combat avec 2 pénalités. J’ai fait pas mal d’attaques, lui n’en a fait aucune.

J’ai fait la totalité du match. Il faut aller au Golden Score. Je pense qu’il y a une action qui n’a pas été comptée juste avant, où mon adversaire tombe sur le côté. Bon, je ne vais pas refaire le match.

Au Golden score, j’ai envie de mettre la boîte, j’ai envie de mettre Ippon. Le public criait, cela donnait envie. Je n’ai pas envie de finir le match avec une pénalité. Ce n’est pas dans mes habitudes. J’aime bien faire tomber. Du coup, j’ai essayé de faire tomber et c’est ce qui m’a fait perdre.

 

Tu pers de nouveau en attaquant…

Toutes mes dernières défaites, je mène le combat et je cherche trop à faire tomber alors que ce n’est pas obligatoirement la solution.

C’est exactement ce qu’il s’est passé. Le Coréen n’en pouvait plus. Il ne mettait pas un pied devant l’autre. Je l’ai arraché, il était décollé et, apparemment, il aurait crocheté la jambe. Je n’ai pas encore revu l’action mais si les arbitres ont dit qu’il y était, ça devait y être. Mais je trouve un peu dur de juger un combat sur ces nouvelles règles. Mais c’est comme ça.

Pour un combat comme celui-ci en tout cas, où j’ai fait la totalité du match, me retrouver perdant, c’est frustrant. Je ne suis pas à ma place, je ne pense pas.

C’est le tournoi de Paris que je veux gagner depuis tout petit. L’an dernière, je fais 3e, j’étais déjà déçu. Là, je repars avec rien du tout, c’est dur.

 

Es-tu en colère ?

Non. J’étais perdu après le combat. Je ne saurais pas dire quelle émotion j’avais. Encre une fois, je donne la victoire à mon adversaire alors que c’est moi qui suis censé gagner le combat. Je l’avais pris 3 fois avant. Je l’avais battu 3 fois. C’est dur… Je ne suis pas à ma place.

 

Est-ce que cela pourrait être dû à ton état de forme ?

Je me sens très, très bien. Je reprends le rythme. J’ai repris doucement après les Jeux. Depuis janvier, je m’entraîne dur, je m’entraîne bien, je récupère très bien.

Aujourd’hui, je n’ai presque pas eu de mal à descendre au poids, mieux que l’année dernière. Je me sentais très bien ce matin. Tous les entraîneurs qui étaient autour de moi me le disaient. J’avais la caisse. Sur le match, cela se voit que je suis au-dessus physiquement. Ce n’est pas un problème de forme, de physique.

La semaine dernière, je mets 2 Waza ari et je perds. Encore une fois, il y a 6 mois, je gagnais. Il faut que je m’adapte aux nouvelles règles. Cela prendra le temps qu’il faudra mais mon objectif est de récupérer mon titre de champion d’Europe en mai et d’aller chercher la plus belle des médailles aux Championnats du monde.

Tout ce qu’il y avant, c’est sûr que c’est beau de gagner mais cela reste de la préparation. Mon réel objectif, c’est d’être champion du monde fin août.

 

Il va déjà falloir que tu te sélectionnes…

La sélection est loin d’être faite. Il y aura d’autres tournois. On est 4 dans la catégorie. Il y a l’Italie la semaine prochaine et Dusseldorf dans 2 semaines. On verra ce que décident les entraîneurs. Mais je suis prêt à repartir, à tout faire pour aller chercher cette sélection, même si ce ne sera pas facile. Mais j’y arriverai.

Je voudrais rebondir au plus vite. J’aimerais repartir le plus rapidement possible en compétition. Même dans ma tête, remettre une médaille rapidement.

J’ai confiance en ce que je fais à l’entraînement. J’ai confiance en ce que je produis. Je sais que je m’entraîne sérieusement. Ce sont juste des erreurs tactiques. Je suis trop gentil, trop généreux avec mon adversaire. Je lui laisse trop de possibilités de pouvoir faire quelque chose alors que cela ne devrait pas être le cas. Ce sont des petits détails qui font la différence. Cela a encore joué aujourd’hui.