Lucie Ignace : « J’aurais aimé que Lotfy soit là… »

Karaté : Championne d’Europe et double médaillée mondiale en 2016

Lucie Ignace adidas Karate

Seul le titre de championne du monde lui a échappé depuis deux ans ! Elle a remporté les Jeux Européens en 2015, les Championnats d’Europe en 2015 et en 2016, et même les Championnats du monde par équipe en 2016. La Réunionnaise Lucie Ignace, seulement battue en finale mondiale des -61 kg à Linz, est au sommet de son art. Son idée pour 2017 : un triplé aux Championnats d’Europe et un doublé aux Jeux Mondiaux. Cela commence à l’Open de Paris (27-29 janvier).

 

Par Ludovic Mauchien

 

Elle n’a que 24 ans, mais elle possède déjà un palmarès époustouflant. C’est bien simple, mis à part un titre de championne d’Europe par équipe, elle a absolument tout gagné !

Depuis son titre de championne du monde (-55 kg) en 2012 à Bercy, Lucie Ignace a engrangé 8 autres podiums internationaux, dont quatre 1ères places (Jeux Mondiaux 2013, Jeux Européens 2015, Championnats d’Europe 2015 et 2016). Loin d’être rassasiée, elle aborde l’année 2017 emplie d’ambitions, à commencer par l’Open de Paris (27-29 janvier).

 

Comment as-tu géré ton après-mondial (26-30 octobre à Linz) ?

La préparation pour les Championnats du monde a été tellement dure que je me suis reposée directement dans la foulée. Je suis partie 15 jours en vacances. Puis j’ai repris ma vie normale, mon boulot.

J’ai fait un peu de courses mais c’est tout. Je n’ai pas fait grand-chose en termes d’activité physique. J’ai repris les entraînements fin décembre.

 

3 mois après ces Championnats du monde, quel regard portes-tu sur tes performances (1ère en équipe, 2e en -61 kg, battue par la double tenante du titre, l’Egyptienne Lotfy) ?

Je suis vraiment très contente de toute mon année 2016. Je n’ai jamais fait d’aussi bons résultats, Championnats d’Europe et du Monde cumulés. Ce n’est que positif. Et c’est très motivant pour la suite.

« J’aimerais bien faire un triplé aux Europe… »

 

Comment expliques-tu tes excellents résultats ? As-tu changé ta manière de travailler par exemple ? Ou est-ce que tu as atteint une forme de maturité ?

Je pense que c’est la maturité. Avec le temps, on se connaît. Je sais quand j’en fait trop ou pas assez à l’entraînement. C’est la maturité qui me permet d’être prête le jour J. Avant, j’étais plutôt prête pour les compétitions de sélection, pour gagner ma place. J’étais plus concentrée sur cela que sur le réel objectif.

 

Te sens-tu épanouie dans ton Karaté ?

Actuellement, non. Car je ne suis pas au top niveau que j’ai eu durant toute l’année 2016. La compétition où je me suis réellement senti épanouie, c’était les Championnats d’Europe à Montpellier, en mai dernier. Tout était réuni, j’étais super épanouie dans tout ce que je faisais.

Mais c’est un éternel recommencement. Il faut désormais reprendre les bonnes habitudes et retrouver son niveau.

 

Quelles sont tes ambitions pour 2017 ?

Il y a d’abord les championnats d’Europe en mai. J’aimerais bien faire un triplé. J’ai gagné en 2015 et en 2016 et je me vois mal ne pas le faire en 2017 (elle rit).

Ensuite, l’autre objectif très important pour moi, ce sont les Jeux Mondiaux en juillet, en Pologne. Je les ai remportés il y a 4 ans en-55 kg. J’aimerais bien réussir aussi à gagner en -61 kg.

 

« On avait beaucoup travaillé sur elle (Lotfy) »

 

Cet Open de Paris est-il une étape vers les Championnats d’Europe ou une compétition de reprise ?

C’est les deux à la fois. Même s’il s’agit d’une compétition de reprise, c’est une étape importante. Il y a beaucoup de monde. Autant commencer à prendre mes marques dès maintenant, et gagner serait bien aussi. Retrouver des sensations, parvenir en finale et gagner !

 

L’Egyptienne Lotfy, qui t’a battue en finale des Mondiaux, est absente. Est-ce un regret ?

J’aurais aimé qu’elle soit là mais… Les Egyptiens ne participent pas à toutes les compétitions comme nous. On les voit même assez rarement. Mais elle sera forcément sur mon chemin à un moment donné.

Ma déception de l’année, c’est cette finale perdue à Linz. Avec Olivier (Beaudry), on avait beaucoup travaillé sur elle. Pour moi, tout est allé comme il fallait, j’ai marqué les points qu’il fallait, j’ai fait ce que l’on a travaillé. Mais, malheureusement, cela n’a pas été récompensé. C’est une déception mais, quand je fais le bilan global, je suis contente.