Jean-Luc Rougé : « Trouver de nouvelles recettes »

Judo : Idées, projets et visées du président de la Fédé

Son regard sur les (r)évolutions intervenues durant son mandat, ses projets pour le développement du Judo… Jean-Luc Rougé, le président de la Fédération Française de Judo et secrétaire général de la Fédération internationale (FIJ), fait le point avant la tenue des élections fédérales.

 

Par Ludovic Mauchien

 

 

L’élection du conseil d’administration de la Fédération Française de Judo (FFJDA) et, par là-même, de son président, est programmée pour le 19 novembre. Jean-Luc Rougé, en poste depuis 2005, est à nouveau candidat.

A quelques encablures de l’échéance, le 1er champion du monde français (1975) revient sur les actions développées sous son mandat ces dernières années et livre son opinion sur celles à mener à l’avenir.

 

Quel regard portez-vous sur le bilan de votre mandat ? Quels en ont été les points forts ? La restructuration des ligues ?

Sur ce point, nous sommes plutôt en avance. Nous sommes la 1ère fédération à avoir tout mis en place. Mais, de manière générale, c’est plutôt, et surtout, une attitude que nous avons : essayer d’être performant, se remettre sans arrêt en cause. Nous avons changé énormément de choses et nous corrigeons en permanence ce que nous faisons. Nous avons stabilisé plein de choses. Nous avons aussi créé énormément de choses. Nous sommes en course permanente.

 

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?

Par exemple, nous avons créé l’Académie du Judo. Nous essayons de travailler sur le traditionnel, le sportif, le culturel et la santé. Ce sont des grands axes que nous développons et qui fonctionnent de mieux en mieux.

Nous avons aussi lutté contre les rythmes scolaires qui ont fortement attaqué certaines disciplines, en particulier celles qui avaient des salles, car elles étaient prises pour les rythmes scolaires. Nous avons fortement été attaqué par le gouvernement parce qu’il avait très mal préparé la mise en œuvre. Le monde associatif, les sports individuels en salle en particulier, a souffert.

Nous avons essayé de gérer au mieux. Nous sommes à nouveau en probation, donc ça va. Nous essayons de gérer le quotidien dans une période qui est socialement et économiquement difficile. Déjà, nous avons surnagé et, ensuite, nous nous sommes développés.

 

« Un fonctionnement plus professionnel »

 

Que faudrait-il désormais mettre en place pour développer le Judo en France ?

Il faut trouver de nouvelles recettes, ne pas attendre que l’état ou les collectivités continuent à nous aider. Ils le feront de moins en moins, on le sait. Il s’agit donc d’essayer d’être le plus indépendant possible au niveau des recettes, et rendre plus professionnel tous les systèmes de fonctionnement.

 

Votre position sur le MMA est réputée et tranchée. Votre regard a-t-il évolué ?

Je n’ai pas d’avis.

 

Aux JO de Tokyo en 2020, vos amis du Karaté seront également présents. Vous devez être content ? Quel est votre sentiment ?

Cela fait plaisir. Je n’ai rien contre le Taekwondo (il rit), ce sont des copains aussi. Je connais Francis (Didier, le président de la FFKaraté) depuis toujours. On était en équipe de France ensemble. Cela fait plaisir que les Karatékas viennent en tant que collègues. C’est un beau sport. En plus, on va partager le Budokan, dans le parc impérial, à quelques mètres de l’Empereur du Japon. Symboliquement, c’est extraordinaire ! Ce sera quelque chose de grandiose. C’est sympa que le Karaté et le Judo soient réunis dans ce contexte.

 

 

Jean-Luc Rougé

Né le 30 mai 1949 à Clichy (92)

9e Dan

1975 : 1er champion du monde français (-93 kg)

1979 : Médaillé d’argent (+95 kg) et de bronze (toutes catégories) aux Championnats du monde.

1972-1980 : Conseiller technique départemental de l’Essonne.

1980-1981 : Entraîneur National.

1981-1986 : Directeur Technique National Adjoint.

1986-1997 : Directeur Technique National.

1994-2004 : Directeur de la FFJDA.

1998-2002 : Directeur Sportif de l’Union Européenne de Judo.

2005-… : Président de la Fédération Française de Judo.

 

En 2016, il est aussi :

-Secrétaire général de la Fédération internationale de Judo (FIJ).

-Vice-président délégué du CNOSF, en charge du haut niveau.

-Président du Collège des Ceintures Noires.

-1er vice-président de l’Union Européenne de Judo.

-Vice-président du Conseil Social du Mouvement Sportif.

-Secrétaire général de la Confédération Française des Arts Martiaux.