« On assoit notre place »

Karaté / Les combattants français remportent le bronze

French team

Championne d’Europe en titre, la jeune équipe de France combat pouvait nourrir de légitimes ambitions à ces Championnats du monde à Linz. Celles-ci se sont traduites par une médaille de bronze obtenue dimanche aux dépens de l’Azerbaïdjan de Rafaël Aghayev. Les Iraniens, leurs vainqueurs en ½ finale, conservent leur titre en dominant le Japon sur le fil.

 

Par notre envoyé spécial à Linz (Autriche), Ludovic Mauchien

 

 

Ils sont tombés sur plus forts qu’eux et ils le reconnaissent. Mais d’aucun s’accorde à dire que la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain. Il y a fort à parier que l’équipe de France va travailler en conséquence pour ne plus se faire dominer par l’Iran comme ce fut le cas en ½ finale vendredi (3-0).

Les Iraniens ont d’ailleurs réalisé le doublé, grâce à leur victoire en finale sur les Japonais. Juste avant eux, les Français s’étaient facilement joués des Azerbaïdjanais pour repartir avec une médaille, la première depuis 2012. Elle était en or, Kenji Grillon et Logan da Costa étaient déjà de la fête. Cette fois-ci, elle est en bronze. Elle représente assurément une belle promesse pour l’avenir avec Amin Bouazza (21 ans), Jessie Da Costa (19 ans), Steven Da Costa (19 ans), Corentin Séguy (21 ans) et Marvin Garin (23 ans). Et, malgré leur jeune âge, ils montrent déjà une maturité certaine dans leurs regards…

 

Corentin Séguy, aligné en n°1 pour le bronze, victoire 6-0

« Je n’ai pas l’habitude d’être aligné à ce poste. Le coach et l’équipe m’ont fait confiance. Il fallait que je lâche les chevaux pour honorer cette marque de confiance.

Le bronze est une satisfaction car c’est une médaille mondiale. Nous sommes dans la continuité de notre titre de champions d’Europe. On voulait l’or mais l’Iran est très solide. On se devait de repartie avec quelque chose contre l’Azerbaïdjan qui est une équipe très expérimentée ».

 

Kenji Grillon, aligné en n°3, vainqueur 3-1

« Cette médaille de bronze a plutôt un bon goût. On est champion d’Europe, on fait 3e aux Championnats du monde. On ne va pas cracher sur cette médaille, même si notre objectif était de remporter l’or.

On connaît très bien les Azerbaïdjanais. On sentait qu’on avait l’avantage psychologique. On l’a d’ailleurs vu. Ils étaient plutôt bridés. On a déroulé. On a bien maîtrisé. Je ne me suis pas senti en danger. On s’est comporté en vieux briscards malgré la jeunesse de l’équipe.

Je suis le plus vieux. D’ailleurs, ils m’appellent parfois papy ou tonton. Il y a une bonne osmose dans cette équipe. Tout le monde s’entend bien. Je trouve qu’il y a un bon équilibre entre la jeunesse, la fougue et ceux qui ont de la bouteille ».

 

Marvin Garin, aligné en n°4 pour le bronze, quasi KO, il gagne 5-2

« C’est une satisfaction. Déjà par rapport à ce que l’on a réalisé en éliminatoires, notamment en battant l’Egypte. Depuis les Championnats d’Europe, on a bossé comme des dingues. Mais l’Iran était plus forte que nous. Il ne faut pas oublier que nous sommes une équipe jeunes. On va continuer à bosser et à construire pour les Mondiaux 2018.

Mon KO ? En fait, je prends le talon (sur un Ura Mawashi). Sur le moment, je ne comprends rien de ce qui arrive. La tête me tournait mais je me suis reconcentré car je ne voulais pas que le médecin m’arrête. Cela a été compliqué mais j’ai su tenir le score ».

 

Jessie Da Costa

« C’est notre 1ère médaille mondiale. Ca fait plaisir… Oui et non. Ce n’est pas celle qu’on était venu chercher. Mais on ne voulait pas repartir sans rien avoir gagné. On est peut-être une équipe jeune mais bon, on n’a jamais le temps d’avoir le temps. On veut gagner tout de suite. Jeune ou vieux, on veut juste gagner ».

 

Logan Da Costa

« Cette médaille me fait plaisir car elle est dans la continuité des Championnats d’Europe. Il fallait montrer qu’on n’avait pas gagné parce qu’on était en France. On assoit notre place. Les deux finalistes sont Asiatiques. Nous sommes donc les leaders européens. Mais cette médaille a aussi un goût amer car on voulait la 1ère place. Cela reste un podium mondial. On continue à se construire. On verra dans 2 ans ».

 

Ludovic Cacheux, coach de l’équipe combat

« Je n’ai aucun regret, sauf en voyant la finale. On était prêt pour travailler face au Japon, face à l’Egypte mais pas contre les Iraniens. On les connaît peu. L’équipe est très jeune et je ne crois d’ailleurs pas qu’une autre soit aussi jeune. Elle apprend parfois dans la difficulté. Le projet 2020 est lancé. Avec 4 années de travail, cette génération arrivera à maturité. Ce résultat est une grosse satisfaction. Nous avions un tableau difficile. Je pense que nous sommes à notre place. Aujourd’hui, les Iraniens sont plus forts, plus expérimentés et plus matures que nous ».