Elles sont phénoménales !

Karaté : championnes du monde pour la 3e fois en 4 mondiaux

Elles l’ont fait ! Championnes du monde en 2010 et en 2012, « seulement » finalistes en 2014, les Françaises ont repris « leur » bien. Samedi, en finale, elles ont balayé l’Espagne (2-0). Alexandre Recchia, Leïla Heurtault, Lucie Ignace et Alizée Agier ont été impériales !

 

Par notre envoyé spécial à Linz (Autriche), Ludovic Mauchien

 

 

Rien n’aurait pu les arrêter. Royale vendredi lors des éliminatoires, elles ont été impériales samedi en finale. Après avoir balayé les Pays-Bas, l’Iran (la seule équipe à leur avoir pris un point durant tout le tournoi), les Etats-Unis et l’Equateur en ½ finale, les Françaises ont renvoyé leurs homologues espagnoles à leurs chères études sans coup férir lors de la finale. Alexandra Recchia, qui venait juste avant de disputer sa finale victorieuse des -50 kg, n’a même pas eu besoin de rentrer.

Leïla Heurtault, placée en n°1 dès le 2e tour face aux Pays-Bas, a magnifiquement lancé l’équipe en l’emportant 3-1. Alizée Agier l’a imité dans la foulée avec une victoire aux forceps (3-2). Et c’en était fait ! Pour la 3e fois en 4 éditions, les Françaises sont devenues championnes du monde.

S’il s’agit du 1er sacre pour Leïla Heurtault, 21 ans, championne du monde Espoirs en 2013 qui était dans l’équipe en 2014, et Alizée Agier, 22 ans, championne du monde 2014 des -68 kg, c’est le 2e pour Lucie Ignace, 23 ans, et le 3e pour Alexandra Recchia, 28 ans. Cette équipe a un passé, un présent et un avenir…

 

Leïla Heurtault

« J’ai beaucoup de mal à réaliser… On voit tout le monde heureux. C’est comme une vague de bonheur. En regardant les gens, je prends conscience petit à petit. Cette finale… J’ai une manière très spéciale de gérer la pression. Les filles m’ont dit de rester dans ma bulle, d’évacuer la pression, de considérer cette finale comme un tour éliminatoire. Au milieu du combat, j’ai senti que je vacillais. Je les ai entendues et j’ai repris les rênes du combat. C’est ça, la force d’une équipe.

Je combattais en n°1 mais ma place préférée, c’est d’être placée 2e. Mis à part le 1er tour, Yann a voulu me placer en 1. Je m’y suis bien sentie, notamment contre l’Iran ; Après, je n’ai plus eu peur. Il ne faut pas prendre de risques mais marquer des points. Il faut que notre adversaire ait une baisse au niveau psychologique. J’ai été solide pour que les filles soient bien et que l’on gagne le combat. »

 

Lucie Ignace

« Cette médaille d’or ne me console pas de ma défaite en individuel (en finale, face à l’Egyptienne Lofty) car ce sont deux histoires différentes, à part entière. En individuel, j’ai réalisé une grosse performance. C’est une médaille que je prends très au sérieux. Et je n’ai que 23 ans. J’ai beaucoup de temps devant moi.

Le titre par équipe, c’est une joie multipliée par 4. C’est indescriptible. Les émotions, la pression, tout est multiplié par 4. On est toujours poussée par les copines qui sont là pour te motiver. Cette finale était très stressante, même si je n’ai pas combattu. J’avais en tête notre défaite d’il y a 2 ans. J’ai prié pour que cela aille dans notre sens. J’avais beaucoup d’appréhension et, au final, j’ai énormément de joie ».

 

Alizée Agier

« Ce ne sont que de belles émotions ! C’est encore plus beau car les filles sont exceptionnelles. Pour la finale, on s’est dit que c’était un tour comme un autre. Nous n’avions pas de pression supplémentaire. On est rentré pour gagner.

La joie est différente par rapport à un titre individuel. Elle est partagée avec les filles. CE sont des moments que l’on vit toutes ensemble, avec les coachs et le staff.

Quand on combat en n°2, on a qu’une envie, finir le travail, terminer par une victoire. C’est difficile dans le sens où il faut augmenter son niveau après avoir été lancé par la 1ère victoire. Il ne faut prendre personne à la légère. Ce titre me console de mon élimination en individuel, qui m’a donné la rage pour l’équipe ».

 

Alexandra Recchia

« Les filles n’ont pas eu besoin de moi (elle était placée en n°3 car elle venait de disputer sa finale victorieuse en -50 kg). Elles m’ont rendue fière. Elles ont eu des « corones », comme on dit en espagnol. Elles ont assuré. Je suis tellement fière d’elles. On l’a fait ! Il n’y a que le sport pour nous apporter des sensations comme ça. Je repense à tous les sacrifices. C’est beaucoup de travail, d’entraînement, de blessures, de doutes… C’est génial ! C’est beaucoup de bonheur. C’est mon 2e titre en individuel, mon 5e titre mondial en tout. C’est énorme, énorme ! On a une belle équipe. J’espère qu’on fera encore de belles choses ».