Alexandra Recchia : « Je suis très fière »

Karaté : elle a été sacrée double championne du monde

Recchia French team

En 10 minutes, Alexandra Recchia a ajouté deux nouvelles médailles d’or à son palmarès. En finale des -50 kg, elle a brillamment dominé la Japonaise Miyahara (5-3) avant de remporter le titre par équipe face à l’Espagne (2-0). La Française compte désormais 5 médailles d’or mondiales !

 

Par notre envoyé spécial à Linz (Autriche), Ludovic Mauchien

 

C’est la star de ces Championnats du monde, qu’elle aura marqué de son empreinte, tant par les résultats que par la manière. A 28 ans (depuis le 25 octobre), Alexandra Recchia a complété sa collection de médailles d’or en s’octroyant le titre en -50 kg aux dépens de la Japonaise Miyahara (5-3) et, dans la foulée, celui en équipe face à l’Espagne (2-0). Incroyable ! Paroles à la championne, croisée après ses podiums.

« Je suis très fière. C’est énorme. Comme d’habitude, j’étais très stressée. Il y a 3 semaines, j’étais au fond du sceau. J’avais des sensations dégueulasses. Je n’arrêtais pas de pleurer après chaque entraînement. Je me prenais la tête. Puis mes entraîneurs, Yann (Baillon, l’entraîneur national) et Florian (Malguy, son entraîneur en club) ont trouvé les mots justes qui m’ont permis de totalement changé d’état d’esprit, de me concentrer sur moi, au lieu de me concentrer sur la stratégie car ce n’est pas mon travail.

Depuis 10 jours, je sais que je suis bien. J’étais prête pour aborder ces championnats. Après, de là à dire que j’allais ramener 2 titres… C’était l’objectif mais on sait qu’entre l’objectif et la réalité, entre le dire et le faire, c’est autre chose. Et là, on l’a fait, je l’ai fait ! Il n’y a que le sport pour nous apporter des sensations comme ça. Je repense à tous les sacrifices. C’est beaucoup de travail, d’entraînement, de blessures, de doutes… C’est génial !

Je savais que je pouvais battre cette Japonaise (Miyahara). Avant la finale, Yann m’a dit : « il ne faut pas que tu aies fait tout ça pour rien ». Mais j’ai fait pas mal d’erreurs tactiques, contrairement à mon habitude. En même temps, c’est une finale de championnats du monde. A 2-0, j’ai voulu gérer et cela a été mon erreur. Je pense que j’aurais dû rester tout le long sur l’avant, ce qui est mon travail. J’aurais pu aggraver le score. Mais j’ai gagné (5-3) et c’est le principal. Après, je n’ai pas pu tellement savouré mon titre en individuel car j’étais déjà concentrée sur l’équipe (les 2 finales étaient programmées dans la foulée !).

Mais les filles n’ont pas eu besoin de moi (elle était placée en n°3). Elles m’ont rendue fière. Elles ont eu des « corones », comme on dit en espagnol. Elles ont assuré. Je suis tellement fière d’elles. C’est beaucoup de bonheur. C’est mon 2e titre en individuel, mon 5e titre mondial en tout. C’est énorme, énorme ! On a une belle équipe. J’espère qu’on fera encore de belles choses ».