Rafaël Aghayev : « Je suis comme un petit enfant »

Karaté / Il est le 1er à devenir 5 fois champion du monde

Aze Rafael Aghayev

C’était écrit. Ce devait être lui. Rafaël Aghayev n’a pas manqué « son » rendez-vous. La star du Karaté mondial a changé l’histoire en ce samedi 29 octobre 2016. Il est devenu le 1er combattant à être sacré 5 fois champion du monde individuel, six ans après son 4e titre. Chapeau l’artiste ! Retour sur un moment d’histoire…

 

Par notre envoyé spécial à Linz (Autriche), Ludovic Mauchien

 

Samedi 26 octobre 2016, 13h19, fuseau de Greenwich. Le monde vient de changer. A 31 ans, Rafaël Aghayev est (enfin) devenu champion du monde pour la 5e fois, ce que personne n’avait réalisé avant lui. Il est seul au monde. Il est unique. Et il n’est pas prêt d’être rejoint. Ce qu’il a réalisé à Linz, aux 33e championnats du monde, est grand ! Enorme même, par la performance en soi, par l’abnégation, par le courage, par la patience, par la volonté, par la force de briser les vents contraires.

10 ans après son 1er titre, 6 ans après le dernier, l’Azerbaïdjanais a conquis son Graal qui lui avait échappé par 2 fois. En 2012, il était battu en finale par l’Italien Busa. En 2014, il était blessé et forfait. En 2016, il a battu de main de maître l’Egyptien Omar Abdel (4-1), qui ne lui a pourtant pas mené la partie facile.

« Je suis comme un petit enfant », lâchait-il dans un immense sourire quelques minutes après son exploit. « Cela se passe comme dans mon rêve. Je suis champion du monde pour la 5e fois ! C’est un record. J’attendais et je travaillais depuis 4 ans pour ça. Je suis trop heureux ! Personne ne l’a fait avant moi ! Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. Je veux remercier tous les gens qui m’ont aidé et supporté. Je dédie cette médaille d’or à ma famille et à mon pays ».

 

« J’ai demandé à Dieu de m’aider »

Et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne l’a pas volée, cette médaille d’or. Il est allé la chercher au sens premier du terme. Il a juste attendu le bon moment pour piquer. Point d’envolée lyrique avec Ura et Mawashi à la tête désormais. Mais des Mawashi qui claquent au corps, des Kizami et autres Gyaku qui jaillissent dans un timing parfait.

Aucun de ses adversaires ne lui a fait de cadeau. Il a dû s’arracher dès son 1er tour mercredi contre le Hongrois Harspataki (victoire 3-2). Il a ensuite dominé le Néerlandais Rene Small (1-0), l’Arménien Sargsyan, l’Ouzbek Otabolaev (2-0) et l’Iranien Asiabari (3-0) pour s’octroyer le droit de rêver avec une finale contre l’Egyptien Omar Abdel.

« Je ne l’avais jamais rencontré », racontait le quintuple champion du monde. « Je l’ai étudié ces derniers jours à la vidéo. Je n’ai pas abordé cette finale différemment des autres, si ce n’est que toute finale est différente. C’est à chaque fois une nouvelle histoire. Ce n’était pas facile mais j’ai gagné ».

Il a d’abord commencé par être mené au score (1-0) avant de marquer un point après l’autre. « Non, non, je n’ai pas douté. Mais ce n’était pas facile de comprendre mon adversaire. Dans ma tête, j’ai demandé à Dieu de m’aider. Et j’ai gagné ! ».

Champion du monde en 2006 chez les -70 kg, en 2008 chez les -70 kg et en Open (il mesure 1,68 m, imaginez la performance…), et en 2010 en -75 kg, 10 fois champion d’Europe, Rafaël Aghayev est bien unique. Il est le meilleur, the best of the best !