Kenji Grillon : « Je suis de retour »

Karaté / Championnats du monde : Il est en bronze

Kenji Grillon

Il était venu pour l’or. Il est forcément déçu. Mais il est surtout heureux d’avoir retrouvé son niveau. Cette médaille de bronze est comme une résurrection pour le Français, blessé pendant de longs mois et absent des Mondiaux 2014.

Samedi, il a dominé le Géorgien Arkania, champion du monde 2014, à l’ultime seconde. Kenji Grillon, champion du monde 2012 savoure.

 

Par notre envoyé spécial à Linz (Autriche), Ludovic Mauchien

 

C’est ce que l’on appelle une victoire sur le gong. Surpris d’entrée par un balayage du Géorgien Arkania (0-3), Kenji Grillon ne s’est pas affolé et a grignoté son retard point par point (3-3, 26 secondes à jouer). Il pensait avoir fait le plus dur mais le champion du monde 2014 a réussi à planter une nouvelle banderille (3-4). Il reste alors 15 secondes. C’est fini… Mais le Géorgien a 3 pénalités. Il ne peut plus sortir, il ne peut plus reculer. Kenji Grillon le sait.

Alors, à l’ultime engagement, avec 1 seconde au compteur, il se lance à corps perdu. Kizami. Egalité (4-4). La décision revient logiquement au Français (5-0 aux drapeaux). Il est médaillé de bronze. Sa défaite en ½ finale mercredi face à l’Azerbaïdjanais Mamayev (4-1) est (preque) oubliée. 4 ans après son sacre mondial à Bercy, Kenji Grillon est à nouveau sur un podium mondial.

« Cette médaille a une très bonne saveur », déclarait-il dans la foulée de sa victoire. « En 2014, je n’étais pas présent. J’ai connu beaucoup de galères. Mais je n’ai pas lâché. J’étais venu pour gagner, pas pour remporter le bronze. Mais je suis content car j’ai retrouvé mes sensations. Je suis de retour… Et ce n’est pas fini. Je ne voulais pas avoir de regrets. Je n’avais pas le droit de lâcher. J’ai fait trop de sacrifices.

Contre Arkania, même si je me suis fait surprendre par son balayage, je n’ai pas douté. Il avait 3 pénalités et il restait 2 minutes. Et, quand il attaque, il fait des erreurs. J’en ai profité. J’ai vu dans ses yeux qu’il commençait à douter. Il restait 1 seconde. J’ai donné toute ma vie. Je savais qu’il n’allait pas reculer. Ca fait du bien ! Je tiens à remercier tous les gens qui m’ont aidé et soutenu. Cette médaille est aussi la leur ».