Sara Cardin : “Je n’arrêterais jamais de rêver”

Karaté / Elle va défendre son titre de championne du monde

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C’est la cible n°1. Logique ! Elle est championne du monde et championne d’Europe en titre (-55 kg). A 29 ans, l’Italienne Sara Cardin est au faîte de sa forme. La combattante transalpine est loin d’être rassasiée et compte bien conserver son titre aux Mondiaux de Linz (26-30 octobre), avant de viser plus loin, vers l’horizon 2020. Les JO, sa préparation, sa condition, ses ambitions… Sara Cardin se livre.

 

Par Ludovic Mauchien

 

Elle est championne du monde et d’Europe en titre mais elle ne se sent pas la favorite. Telle est Sara Cardin, menée par l’humilité. Un nouveau chapitre de son histoire va s’écrire à Linz, à l’occasion des Championnats du monde (26-30 octobre). Elle va tenter d’utiliser des lettres d’or pour le rédiger.

Son pitch ? Conserver le titre mondial conquis à Brème en 2014. Après une année 2015 décevante, l’Italienne est de nouveau au top de sa forme. En mai dernier, à Montpellier, elle ne s’est pas fait prier pour remporter sa 2e couronne européenne, après celle de 2010. Même si elle s’en défend, Sara Cardin est bien la principale favorite des Championnats du monde qui se profilent.

 

Ton titre européen a-t-il change quelque chose dans ton esprit ?

Non, rien n’a changé. Pour moi, c’est à chaque fois un nouveau challenge. Peu importe si j’ai gagné ou perdu avant. Je repars à l’entraînement. Aujourd’hui, tout le monde veut devenir une star en 10 secondes, dans le sport comme dans la vie quotidienne. Cela arrive parfois, mais, la plupart du temps, tu dois te taper tout le truc, t’entraîner dur pendant des années… A mon avis, c’est mieux car on apprend plus du chemin à parcourir que du résultat.

 

« On apprend plus du chemin que du résultat »

Est-ce plus facile parce que tu l’as déjà fait ? Ou, a contrario, est-ce plus difficile car tu es la championne en titre ?

J’ai rêvé tout ma vie de devenir une championne. Quand vous rêvez, vous ne ressentez pas la douleur. Vous ne vous souvenez pas des sacrifices parce que vous êtes en train de rêver. Que serait la vie sans rêve ? Je continue de rêver.

 

Comment te sens-tu à quelques jours de ces Championnats du monde ?

Je me sens très bien mais je me suis souvent sentie très bien avant une compétition. Ma préparation s’est bien déroulée. Mais la différence se fait le jour J. Cela dépendra de la façon dont je vais réussir à entrer dans la compétition ce jour-là.

 

Comment juges-tu ta forme, identique ou meilleure que celle de 2014 ?

Pour l’instant, je ne sais pas encore. Il faut que l’on effectue le dernier stage avec l’équipe nationale. Il sera très important pour notre condition physique. Mais, de manière générale, je me sens plus rapide qu’avant. Je pense m’être amélioré dans certaines techniques. Désormais, il s’agit de rester concentré.

 

« Tester de nouveaux mouvements »

Te considères-tu comme la favorite du tournoi ?

Comme la principale favorite, non. Comme l’une des favorites, probablement. Je croise les doigts !

 

Comment a été articulée ta préparation ?

En premier lieu, j’ai beaucoup travaillé ma condition physique, sans machine, mais c’était très dur. Ensuite, nous avons travaillé sur notre technique. J’ai essayé d’améliorer l’angle et la qualité de mon mouvement. Pour finir, on s’est concentré sur la tactique. Nous nous entraînons maximum 2 heures consécutives, pour garder notre vitesse.

 

Es-tu satisfaite de tes résultats en tournois de préparation ?

J’ai participé aux Championnats Méditerranéens, à la Premier League en Allemagne et à celle à Okinawa. J’ai remporté deux médailles de bronze. Je suis contente. D’habitude, je ne fais jamais de résultats positifs avant une compétition importante comme le sont les Mondiaux.

 

As-tu besoin de participer à des compétitions pour te sentir bien ?

Non, pas spécialement. J’ai besoin de participer à des compétitions pour comprendre où j’en suis, pour connaître précisément mon état de forme, afin de programmer ma préparation. Je me sers aussi de la compétition pour tester de nouveaux mouvements, de nouvelles techniques. Cela me permet enfin de voir l’état de forme de mes adversaires.

 

« Sortir la meilleure Sara Cardin pour les battre »

Thouy, Kobayashi, Yakan, Ferrer Garcia… Quelle combattante te semble la plus dangereuse ?

Elles le sont toutes ! Elles sont chacune très fortes. A chaque fois, je dois sortir la meilleure Sara Cardin pour les battre.

 

Le Karaté sera présent aux Jeux Olympiques de 2020. Que cela t’inspire-t-il ?

Cela me fait énormément plaisir, pour moi, pour le Karaté, pour tous les fans de ce sport. Quand j’étais enfant et que je regardais les Jeux Olympiques, je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait pas de Karaté. Désormais, nous avons un nouveau rêve !

 

Va-t-il devenir un objectif ?

Je l’espère. On verra… Procédons étape par étape.

 

Désires-tu aller à Tokyo ?

Evidemment !

 

Cela t’a-t-il fait donner envie de poursuivre jusqu’en 2020 ? Tu auras alors 33 ans…

Je suis une rêveuse et je ne m’arrêterais jamais de rêver.

 

 

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Sara Cardin

Née le 27 janvier 1987 à Conegliano (Italie)

Taille : 1,61 m

Catégorie : -55 kg

Club : Ponte di Piave

Palmarès.

Championnats du monde. 1ère en 2014. 2e en 2010.

Championnats d’Europe. 1ère en 2007 (Jun), 2010, 2016. 2e en 2013.